décembre 4, 2025
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Eglise

Le pape Léon XIV a tenu une conférence de presse à bord de son vol de retour de Beyrouth à Rome

Le 2 décembre, le pape Léon XIV a donné une conférence de presse d’une heure avec les 81 journalistes qui l’accompagnaient, revenant sur son voyage apostolique au Liban et abordant plusieurs questions internationales majeures. Après avoir chaleureusement salué l’ensemble des professionnels des médias, le Saint-Père a exprimé sa gratitude pour « le travail considérable » réalisé durant cette visite, les invitant à transmettre ce remerciement à leurs collègues du Liban et de Turquie. 

Interrogé sur la situation au Moyen-Orient et les perspectives de paix, le Pape a réaffirmé sa conviction profonde qu’« une paix durable est possible ». Il a confirmé avoir entamé des échanges « à très petite échelle » avec certains dirigeants des pays concernés, et assuré de sa volonté de poursuivre ces contacts « personnellement ou par l’intermédiaire du Saint-Siège ». Il a précisé que le Vatican, « ami d’Israël », continuera d’appeler toutes les parties à cesser les violences et à revenir au dialogue. 

Concernant les tensions internes au Liban, Léon XIV a expliqué que le Saint-Siège mène un travail diplomatique discret, « en coulisses », visant à encourager les responsables politiques et les groupes armés à renoncer aux armes et à s’engager dans un processus de recherche de solutions non violentes. Il a confirmé avoir reçu un message du Hezbollah, tout en précisant que « l’Église propose qu’ils déposent les armes et que nous recherchions le dialogue », sans plus de commentaires. 

Revenant sur son expérience personnelle, le Saint-Père a confié son approche spirituelle du ministère pétrinien, fondée sur l’abandon confiant à la volonté de Dieu, évoquant notamment la spiritualité de La pratique de la présence de Dieu du frère Laurent. Il a également expliqué comment, lors de son élection, il s’en est remis à Dieu, acceptant ce qu’il percevait comme un appel. 

À propos de la guerre en Ukraine et des tensions entre l’OTAN et la Russie, le Pape a souligné la gravité de la situation. Il a rappelé que le Saint-Siège, non membre de l’OTAN, continue d’appeler inlassablement au cessez-le-feu et au dialogue. Il a insisté sur l’importance d’une présence européenne dans toute initiative de paix et a souligné la capacité particulière de l’Italie à jouer un rôle de médiation. Le Vatican, a-t-il précisé, encouragera toute démarche visant à promouvoir une « paix juste ». 

Interrogé sur ses futurs voyages, Léon XIV a indiqué qu’aucun programme n’est encore définitif. Il a néanmoins exprimé son désir de se rendre en Afrique, « peut-être en Algérie », sur les traces de saint Augustin et dans l’esprit du dialogue islamo-chrétien. Il a également confirmé son souhait de visiter l’Amérique latine, « l’Argentine et l’Uruguay attendent », tout en reconnaissant que son agenda reste en construction. Concernant le Venezuela, il a expliqué que le Saint-Siège travaille avec la Conférence épiscopale et le nonce pour favoriser le dialogue, la priorité étant « le bien du peuple », dans un contexte de tensions croissantes entre Washington et Caracas. 

À propos des relations entre chrétiens et musulmans, le Pape a rappelé que les peurs présentes en Europe sont souvent alimentées par l’hostilité envers les migrants, et non par la réalité du dialogue interreligieux. Il a salué l’exemple du Liban comme un modèle de coexistence où « il est possible de vivre ensemble et d’être amis ». Il a encouragé l’Europe et l’Amérique du Nord à s’inspirer des témoignages de solidarité vécus entre chrétiens et musulmans. 

Enfin, interrogé sur le Synodal Weg en Allemagne, Léon XIV a reconnu les différences entre cette démarche et la synodalité universelle. Il a insisté sur la nécessité d’une écoute mutuelle pour éviter divisions et exclusions, rappelant les rencontres régulières entre les évêques allemands et les cardinaux de la Curie. Il s’est dit confiant qu’un chemin d’unité pourra être trouvé. 

Évoquant l’essence même de sa devise « En celui qui est un, soyons un », le Saint-Père a conclu en soulignant le message unique que le Moyen-Orient offre à l’Église universelle : malgré les blessures et les défis, les communautés de la région témoignent de la force de l’unité, de la compassion et de l’amitié humaine comme chemins authentiques de paix.

Agence DIACENCO