décembre 6, 2025
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Afrique & Monde

RDC–Rwanda : sous l’égide de Trump, Tshisekedi et Kagame signent un accord de paix

Les présidents de la République démocratique du Congo et du Rwanda, Félix Tshisekedi et Paul Kagame, ont entériné, jeudi 4 décembre à Washington, l’accord de paix conclu entre les deux pays le 27 juin dernier, sous médiation américaine. La cérémonie, organisée au siège de l’« Institut Donald Trump pour la paix », s’est déroulée dans un climat de forte prudence, alors même que les combats se poursuivent sur le terrain dans l’Est de la RDC.

Dans son allocution, le président congolais Félix Tshisekedi a réaffirmé son engagement total à appliquer l’ensemble des obligations prévues dans l’accord, promettant une mise en œuvre « en toute sincérité ». Il a insisté sur la sincérité de la démarche congolaise et sur la volonté de son gouvernement de respecter la lettre comme l’esprit du texte signé.

Le chef de l’État a également exprimé l’espoir que le Rwanda adoptera la même rigueur dans la mise en œuvre de ses engagements. Se voulant conciliant, Félix Tshisekedi a rappelé que sa main « reste tendue » pour une coopération apaisée, fondée sur le respect mutuel, la non-ingérence et la lutte commune contre les groupes armés qui déstabilisent la région depuis plusieurs décennies.

Paul Kagame, tout en réaffirmant l’engagement de son pays, a adopté un ton plus nuancé.

Le président rwandais a averti que les « accords de Washington » connaîtront inévitablement « des hauts et des bas », soulignant ainsi la complexité de leur application sur un terrain encore marqué par de multiples groupes armés et une méfiance persistante.

Malgré la solennité du moment, aucun geste symbolique — ni poignée de main, ni échange visible de cordialité  n’a été effectué entre les deux dirigeants africains, signe que la réconciliation reste encore fragile.

Présent aux côtés des deux chefs d’État, Donald Trump s’est montré particulièrement enthousiaste. L’ancien président américain a salué un « grand miracle » et qualifié l’accord de « puissant et détaillé ». Fidèle à son style emphatique, il a affirmé que Félix Tshisekedi et Paul Kagame « allaient passer beaucoup de temps à se donner des accolades et se tenir la main », tout en assurant que « tout le monde allait gagner beaucoup d’argent » grâce aux dimensions économiques incluses dans l’accord.

Pour de nombreux observateurs, cette cérémonie témoigne surtout de l’intense pression diplomatique exercée par Washington. Reagan Miviri, chercheur à l’institut congolais Ebuteli, estime que les États-Unis voulaient avant tout obtenir un événement politique fort. « Pour eux, l’essentiel est peut-être moins le contenu de l’accord que la cérémonie elle-même », analyse-t-il.

La signature du 4 décembre a ainsi permis de formaliser des engagements déjà pris en juin, toujours sous l’impulsion américaine. Mais au-delà du faste diplomatique, de nombreuses interrogations demeurent quant à la mise en œuvre effective de cet accord, alors que les tensions persistent dans l’Est congolais.

En dépit des déclarations optimistes et des engagements solennels, le chemin vers une paix durable entre la RDC et le Rwanda reste semé d’obstacles. Tshisekedi comme Kagame en ont d’ailleurs convenu : il faudra du temps, de la volonté et des efforts constants.

Pour les populations des Grands Lacs, meurtries depuis des décennies, cet accord représente un espoir. Mais il reste à voir si les engagements pris à Washington pourront véritablement transformer la réalité du terrain.

Agence DIA CENCO

Tiré d’AFC et RFI.FR