Quatre présidents de conférences épiscopales de pays membres de l’Union européenne ont publié une déclaration commune exhortant les chrétiens à s’engager résolument pour l’avenir du continent.
Les cardinaux Jean-Marc Aveline, archevêque de Marseille, et Matteo Zuppi, archevêque de Bologne, ainsi que Mgr Georg Bätzing, évêque de Limbourg, et Mgr Tadeusz Wojda, archevêque de Gdańsk, signent ce texte publié le 13 février. Ensemble, ils plaident pour la renaissance d’une Europe « fatiguée, mais riche de potentialités », animée par le bien commun et le désir de paix.
Face aux turbulences géopolitiques et au désenchantement qui traverse un continent berceau de l’humanisme chrétien, les quatre responsables ecclésiaux mettent en garde contre les tentations eurosceptiques et le découragement ambiant. Au lendemain du Jubilé de l’espérance, ils rappellent que cette vertu théologale demeure essentielle pour l’Europe, où nombre de citoyens se disent « angoissés et sans repères ».
Selon eux, c’est en « retrouvant son âme » que l’Europe pourra offrir au monde « son indispensable contribution au bien commun ». Ils rappellent que ce bien commun, profondément marqué par l’héritage chrétien, s’est déployé dans une histoire façonnée également par les civilisations grecque et romaine, donnant naissance à une Europe « humaniste, solidaire et ouverte sur le monde ».
Conscients du pluralisme actuel du continent – diversité linguistique, différences culturelles régionales, multiplicité des courants religieux et spirituels – les signataires reconnaissent que les chrétiens y sont moins nombreux qu’autrefois. Ils les appellent néanmoins à agir « avec courage et persévérance ».
Évoquant la création de l’Organisation des Nations unies comme horizon d’une société réconciliée, ils se réfèrent également à l’inspiration chrétienne des pères fondateurs de l’Europe. Parmi eux figure notamment Alcide De Gasperi, dont la cause de béatification est en cours auprès du dicastère pour les causes des saints. L’Europe, rappellent-ils, a été bâtie après la Seconde Guerre mondiale non « contre les patries », mais « contre les nationalismes qui les ont détruites ».
Réduire l’Europe à un simple marché économique et financier serait une erreur, affirment-ils encore. Le continent est appelé à promouvoir l’État de droit, à refuser les logiques d’exclusion et de violence, et à rechercher des alliances fondées sur la solidarité entre les peuples. Ils constatent d’ailleurs qu’en dépit des mouvements eurosceptiques, les Européens se sont « davantage rapprochés », notamment depuis le début de la guerre en Ukraine.
Dans un contexte international qu’ils décrivent comme un ordre ancien « en train de mourir » sans qu’un nouveau soit encore né, les quatre présidents estiment que l’Église « peut et doit » contribuer à la renaissance d’une Europe consciente de ses racines et de sa responsabilité. Depuis Marseille, Bologne, Limbourg et Gdańsk, ils appellent les chrétiens à s’engager « là où ils sont » pour le devenir du continent, avec la même lucidité que les pères fondateurs.
« Le monde a besoin de l’Europe », concluent-ils.
Agence DIACENCO
Source: Vatican
