NOUVEAU PROTOCOLE D’ACCORD ENTRE SCEAM–UNION AFRICAINE POUR RENFORCER LA COOPERATION AU SERVICE DE LA PAIX EN AFRIQUE

Aimée MUSENGA
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Le Symposium des Conférences Épiscopales d’Afrique et de Madagascar (SCEAM) et l’Union africaine ont signé, vendredi dans la capitale éthiopienne Addis-Abeba, un nouveau protocole d’accord destiné à consolider leur collaboration au service de la paix, de la démocratie et du développement en Afrique.

Dix ans après la signature du premier accord en 2015, ce partenariat renouvelé fixe un cadre de coopération structuré autour de cinq priorités : la prévention et la médiation des conflits, l’observation des processus électoraux, la promotion de la cohésion sociale, le dialogue interreligieux et la défense des droits humains.

Dans un entretien accordé aux médias du Saint-Siège, le cardinal Fridolin Ambongo, archevêque de Kinshasa et président du SCEAM, a souligné la nécessité d’une action concertée face à la recrudescence des crises sur le continent.

« Le continent africain aujourd’hui, partout, il y a un peu des conflits, on dirait qu’il y a des feux de brousse. L’Église peut apporter sa contribution aux États pour prévenir ces conflits en développant la notion de la médiation », a-t-il affirmé.

Évoquant les enjeux démocratiques, il a rappelé l’importance de l’éducation civique et de la transparence des scrutins : « Le souci, c’est que la volonté du peuple soit toujours respectée. »

Le président du SCEAM a précisé que ce protocole offre un cadre institutionnel à une collaboration déjà engagée sur le terrain. Dans certains pays, l’engagement de l’Église peut être perçu à tort comme une forme de concurrence vis-à-vis des autorités publiques. « Nous voulons éviter ce genre d’interprétations pour que nous puissions travailler main dans la main dans les secteurs qui bénéficient directement aux populations », a-t-il indiqué.

S’il ne revêt pas de caractère juridiquement contraignant, le texte traduit néanmoins une volonté partagée de renforcer les synergies entre l’Église catholique et les institutions africaines. Le cardinal Ambongo a notamment évoqué un échange constructif avec le président burundais Évariste Ndayishimiye, appelé à exercer la présidence en exercice de l’Union africaine.

En amont de la signature, le SCEAM avait publié la « Déclaration d’Addis-Abeba 2026 » consacrée à la durabilité des ressources en eau, en cohérence avec le thème annuel retenu par l’Union africaine. L’accès à l’eau potable et à l’assainissement y est présenté comme une priorité majeure pour le développement humain intégral du continent.

En fin le cardinal Ambongo a repris les paroles du pape Léon XIV, évoquant l’Afrique comme un « continent de l’espérance », et appelant les peuples africains à demeurer acteurs de leur avenir malgré les défis persistants.

Agence DIACENCO

Source: Vatican

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