MOZAMBIQUE : L’évêque de Quelimane appelle à rejeter « l’adoration des idoles modernes »

Aimée MUSENGA
3 Min Read

L’évêque du diocèse de Quelimane, Osório Citora Afonso, a exhorté les fidèles à rejeter « l’adoration des idoles modernes », identifiées comme l’argent, le pouvoir et le plaisir, les invitant à s’engager résolument dans la construction d’une société plus juste et plus éthique au Mozambique.

Dans sa lettre pastorale pour le Carême 2026, rendue publique mercredi 18 février, le prélat met en garde contre la banalisation de la corruption, de la violence et de l’indifférence morale, qu’il décrit comme des signes d’un mal profondément enraciné dans la société.

« Nous constatons une infidélité dans le culte des idoles modernes. L’argent et le profit causent l’injustice et le chômage, sacrifiant des vies humaines pour le gain. La renommée et le succès exigent le sacrifice de l’authenticité et de l’innocence », écrit-il.

L’évêque dénonce également « le plaisir et l’apparence », évoquant le culte excessif de l’image, l’abus de drogues, ainsi que certaines idéologies et formes de pouvoir qu’il qualifie de « fausses certitudes » éloignant de Dieu et réduisant la vie « à un supermarché de rôles et d’objets ».

S’arrêtant sur la signification du Mercredi des Cendres, Mgr Afonso souligne que les cendres ne renvoient pas seulement à la repentance personnelle, mais constituent aussi un appel pressant à affronter les maux sociaux. Il mentionne notamment la violence domestique, la corruption incontrôlée et la « rébellion morale » comme des défis qui exigent un engagement éthique collectif.

Membre de l’Institut des Missionnaires de la Consolata (IMC), il insiste sur le fait que la transformation sociale commence par la conversion des attitudes individuelles et se concrétise dans les gestes quotidiens de justice, d’intégrité et de solidarité.

« Il est essentiel de ne pas rester indifférent aux problèmes qui érodent la vie communautaire », avertit-il, appelant les fidèles à résister à la peur, à la suspicion et à la passivité. Selon lui, une société progresse lorsque chaque citoyen choisit de faire le bien et de combattre le mal sous toutes ses formes.

Le prélat rappelle enfin que la construction d’une société juste est une responsabilité partagée : « Nous ne pouvons pas attendre que d’autres changent le monde à notre place ; nous devons commencer la transformation par notre propre comportement quotidien. »

Agence DIACENCO

Source: ACIA Afrique

TAGGED:
Share This Article