Les membres de la Kenya Conference of Catholic Bishops (KCCB) ont fermement condamné la montée des injustices, les défaillances de gouvernance et l’intolérance politique dans le pays, appelant dirigeants et citoyens à renouveler leur engagement en faveur de la justice, de la paix et de la dignité humaine.
Lors du lancement de la campagne nationale vendredi 13 février, le président de la KCCB, Maurice Muhatia Makumba, a lu le message des évêques catholiques lors de l’événement tenu au Immaculate of Conception Shrine, dans le diocèse catholique de Lodwar. Il a présenté le thème de la campagne de Carême « Construire un Kenya juste, pacifique et uni : défendre l’équité et la dignité humaine » comme un appel à la conscience et une invitation urgente à l’action dans un pays confronté à de nombreux défis.
« En tant que vos pasteurs, nous parlons non par intérêt politique ou partisan, mais par responsabilité pastorale pour proclamer la vérité, défendre la dignité humaine, promouvoir la justice et nous tenir aux côtés des sans-voix », ont déclaré les évêques. Ils ont insisté : « Nous ne pouvons pas rester silencieux lorsque le tissu moral de notre société est mis à rude épreuve. »
Les responsables de l’Église catholique au Kenya ont rappelé que la dignité humaine « se trouve au cœur de la doctrine sociale de l’Église » et qu’elle est « inhérente, inviolable ; elle ne peut être accordée ou retirée par aucune autorité ». Ils ont déploré que de nombreux Kényans continuent de subir des atteintes quotidiennes à leur dignité et souligné qu’« une nation ne peut prétendre au progrès lorsqu’une grande partie de sa population vit sans espoir ni opportunité ».
Les évêques ont mis en lumière les défis persistants du pays, notamment la pauvreté, le chômage, la faim, la corruption, l’insécurité et l’accès limité à des services essentiels comme la santé, l’éducation, l’eau et le logement, appelant à une action concertée de l’Église et des citoyens. Ils ont exprimé une vive inquiétude face à l’augmentation de la violence, en particulier les abus de droits humains par des agents publics et les forces de sécurité. « Nous sommes particulièrement troublés par les incidents où des rassemblements pacifiques, y compris dans des lieux de culte, ont été violés par la violence et l’intimidation », ont-ils déclaré, rappelant que « les églises sont des lieux sacrés et doivent toujours être respectées ».
Les évêques ont exigé « une enquête approfondie et des poursuites contre tous ceux qui se livrent à des actes de violence politique, y compris leurs commanditaires » et insisté sur le respect de la Constitution, l’adhésion à l’État de droit et l’indépendance des institutions chargées de protéger les droits humains. Ils ont également mis en garde contre les campagnes politiques prématurées avant les élections générales de 2027, soulignant qu’elles détournent les responsables de leurs fonctions quotidiennes au service de la population, en particulier des plus vulnérables.
Le message des évêques souligne encore les défis de gouvernance, tels que la corruption, la mauvaise gestion des ressources publiques, l’application sélective de la loi et la mauvaise qualité des services publics. Ils appellent les responsables à privilégier un leadership orienté vers le bien commun et à renforcer la transparence, la responsabilité et la participation citoyenne. « Les impôts doivent être utilisés pour le bien commun, afin que les services essentiels atteignent tous les Kényans », ont-ils insisté, ajoutant que la lutte contre la corruption et une gestion responsable de la dette nationale sont indispensables pour garantir l’équité, la justice et la durabilité à long terme.
Enfin, les évêques ont souligné le rôle central des jeunes dans la nation, les encourageant à « participer activement aux processus civiques et politiques », à s’inscrire sur les listes électorales, à prendre part au débat public et à se proposer pour des fonctions de leadership. « Les jeunes ne sont pas seulement les dirigeants de demain, ils sont les citoyens d’aujourd’hui », ont-ils rappelé, affirmant que leur engagement est essentiel pour surmonter la corruption, le népotisme, la violence politique et les intérêts personnels qui continuent de miner la confiance publique.
Agence DIANCO
Source: ACI Afrique
