GOMA : Des relais communautaires formés au fact-checking pour promouvoir la paix et la cohabitation pacifique dans les quartiers  Katoyi et Majengo.

Aimée MUSENGA
5 Min Read

Du 12 au 13 février 2026, la ville de Goma a accueilli un atelier de formation des relais communautaires sur la vérification des faits (fact-checking), organisé par l’organisation UMOJA IN ACTION dans le cadre du projet PAMOJA KWA UMOJA, en faveur  des jeunes de Goma.

Pendant deux jours, 60 bénéficiaires issus principalement des quartiers Katoyi et Majengo ont été outillés sur les techniques de lutte contre la désinformation et la mésinformation qui fragilisent le tissu social.

Deux experts pour renforcer les capacités locales

Deux facilitateurs ont animé les travaux :

Daniel MAKEKE, intervenu sur les techniques pratiques du fact-checking, notamment l’identification des sources fiables, la vérification des images et vidéos, ainsi que l’analyse critique des messages circulant sur les réseaux sociaux ; en titre d’exemple il a cité technique vérification par Hive Moderation.

Albert ISSE SIVAMWANZA, qui a développé le module sur l’Éducation aux Médias et à l’Information (EMI), insistant sur la responsabilité citoyenne face aux contenus médiatiques.

Les participants ont ainsi appris à distinguer une information crédible d’une rumeur, à reconnaître les manipulations narratives et à adopter une posture responsable dans le partage des contenus.

« Le projet est financé par la MONUSCO au travers son Bureau des affaires civile »

Prenant la parole, le Coordonnateur du projet, Salomon KAMBALE, a précisé que :

« Cet atelier intervient après une série des sensibilisations communautaires sur les discours qui rapprochent et renforcent la cohabitation pacifique dans les deux quartier Katoyi et Majengo en la ville de Goma »

Il a également souligné que le choix des quartiers Katoyi et Majengo n’est pas fortuit, ces deux entités administratives de la ville de Goma ont récemment été touchées par des conflits intercommunautaires, laissant des traces de division et de méfiance entre les habitants :

« Nous avons choisi les quartiers Katoyi et Majengo parce que, dans un passé récent, il y a eu des événements précurseurs, signes d’une certaine intolérance au sein de la communauté : des maisons détruites, vandalisées. Ainsi, nous ne voudrions pas revivre ce genre de situations à l’avenir, raison pour laquelle nous avons adopté une démarche préventive au travers de ce programme. Ces deux quartiers sont pilotes et les résultats de ce projet nous permettrons d’étudier en profondeur une possibilité d’extension vers d’autres quartiers.

Pour Umoja in Action, nous voulons que les Relai Communautaires soient des ambassadeurs au niveau des différents quartiers pour promouvoir la cohabitation pacifique en luttant contre la diffusion des fausses informations »

Les autorités locales saluent l’initiative

Monsieur HABAWEZI MALIRO Germain, chef du quartier Majengo a confirmé la pertinence de cette initiative, évoquant l’impact négatif de la désinformation sur la cohésion sociale.

Selon lui, la stigmatisation et les rumeurs amplifiées au sein de la communauté ont souvent exacerbé les tensions. Il estime que des ateliers de ce genre constituent un frein efficace contre la propagation des discours de haine dans son entité.

Les bénéficiaires satisfaits

Du côté des 60 bénéficiaires, l’atelier est perçu comme un véritable outil de transformation communautaire.

Madame SOKI MUHONGYA GHISLAINE, participante, a indiqué que cette formation représente :

« Un miroir pour la communauté. Nous avons compris que relayer une information sans la vérifier peut détruire des vies et diviser des quartiers. Désormais, nous serons des ambassadeurs de la vérité et de la paix. En vérité, plusieurs catégories de messages de haine existent dans la ville de Goma, par cet atelier nous sommes outillés pour combattre contre ces messages de haine. »

Les médias également impliqués

Signalons que cinq journalistes locaux ont également pris part à cet atelier de deux jours afin de mieux comprendre les mécanismes de circulation des informations, parfois à leur insu, dans les communautés.

Les exposés et échanges ont clôturé ces deux journées riches en apprentissages, signifiant alors une étape importante dans la consolidation de la paix par l’éducation à l’information à Goma.

J-Rostand VUSANGI M , Correspondant DIA CENCO depuis Goma.

TAGGED:
Share This Article