Ce choix du pape sur l’intelligence artificielle est lié aux défis que traverse le monde. À ce titre, l’Église se présente comme un pèlerin d’espérance dont la vocation est de lire les signes des temps. Hier, par exemple, l’élection de Jean-Paul II portait sur la réunification du bloc communiste, tandis que celle de son successeur a porté sur le réveil de la foi dans une Europe secouée par l’ère de la sécularisation. Quant au prédécesseur de l’actuel pape, il souhaitait une Église une et pauvre, œuvrant auprès des personnes vivant dans les périphéries. Le Saint-Père, le pape Léon, mathématicien de formation, entend faire de l’intelligence artificielle l’une des priorités de son ministère. Cette nouvelle technologie soulève toutefois des défis en matière d’entraînement et d’interopérabilité des modèles, de gestion des données sensibles, d’enjeux éthiques et de responsabilité, d’intégration sociale, d’impact sur le marché du travail, de confiance des utilisateurs et de lutte contre la désinformation.
C’est à cette occasion, ce jeudi 2 octobre 2025, que le pape a exhorté la Confédération médicale latino-ibéro-américaine et caribéenne à continuer d’approfondir la relation médecin-patient pour laquelle de nombreux corps médicaux se sont consacrés afin d’améliorer le bien-être de leurs semblables. Au cours de l’échange, le Saint-Père a évoqué le nom d’un célèbre médecin vénézuélien, élevé au rang de bienheureux pour avoir mis ses compétences au service des plus démunis, ce qui lui a valu le surnom de « médecin des pauvres ». Le pape est ensuite revenu sur la relation entre le médecin et le patient, qui doit être « une relation entre deux personnes, avec leur corps et leur intériorité, avec leur histoire ». Le dialogue, la communication et le contact physique doivent toujours être présents dans les relations thérapeutiques. L’évêque de Rome a également abordé l’utilisation de l’intelligence artificielle, qui peut grandement contribuer à améliorer les soins cliniques, mais qui « ne doit jamais se substituer au médecin », car « vous êtes des réservoirs d’amour qui apportent sérénité et espérance aux personnes qui souffrent ». Signalons que cette confédération médicale latino-ibéro-américaine et caribéenne représente plus de deux millions de médecins qui œuvrent pour apporter des soins de qualité dans tous les coins de leur pays.
Père John Munganga SJ
Correspondant D.I.A / Rome
