Le pape Léon XIV encourage les Filles de Saint-Paul à renouveler leur mission avec audace et fidélité

Aimée MUSENGA
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Reçues en audience au Vatican à l’occasion de leur XIIᵉ chapitre général, les 58 religieuses des Filles de Saint-Paul ont écouté avec attention l’appel du pape Léon XIV à raviver leur charisme missionnaire dans un monde en constante mutation. Alors que leur congrégation célèbre 110 ans de présence au service de l’Évangile à travers les médias, le Souverain Pontife les a exhortées à aller de l’avant avec courage, discernement et fidélité à leur vocation originelle.

Dès les premières paroles de son intervention, le Saint-Père a tenu à exprimer sa gratitude pour le travail accompli par les religieuses, notamment dans les domaines de l’édition, de la communication et de l’animation biblique. Toutefois, il a précisé que cette annonce de l’Évangile ne saurait être perçue comme une simple diffusion d’idées ou de contenus. Il s’agit, au contraire, d’un engagement vivant, enraciné dans la réalité des peuples, des cultures et des histoires personnelles. Annoncer la foi, a-t-il affirmé, c’est d’abord savoir écouter l’humanité telle qu’elle est, avec ses blessures, ses espérances et ses contradictions.

Dans cette perspective, le pape a développé deux axes spirituels fondamentaux. D’une part, il a invité les religieuses à garder les yeux tournés vers le ciel, en rappelant que leur vocation est un don reçu d’en haut. Il a mis en garde contre les illusions d’autosuffisance, soulignant que même les talents les plus riches ou les méthodes les plus efficaces ne suffisent pas s’ils ne sont pas animés par l’Esprit. C’est ce même Esprit, a-t-il ajouté, qui réchauffe les cœurs, éclaire les chemins et donne aux apôtres d’aujourd’hui des intuitions nouvelles pour rejoindre le monde.

D’autre part, le pape a insisté sur la nécessité de s’enraciner dans la condition humaine, dans toute sa complexité. Il ne suffit pas de proclamer la vérité : encore faut-il la faire résonner dans la langue et la sensibilité des femmes et des hommes de notre temps. À l’image du Christ, qui n’a pas hésité à descendre au cœur de l’expérience humaine, les Filles de Saint-Paul sont appelées à s’immerger dans les réalités d’aujourd’hui. Leurs publications, leurs présences dans les médias et leurs initiatives pastorales doivent devenir des espaces où les questions du monde trouvent écho et sens à la lumière de l’Évangile.

Conscient des nombreux défis que pose une mission si vaste, Léon XIV a salué l’ampleur des activités menées par les religieuses : de l’édition papier à la communication numérique, en passant par les librairies, la radio et la télévision. Néanmoins, il les a invitées à un discernement exigeant, qui implique parfois de redimensionner certaines œuvres pour mieux répondre aux besoins actuels. L’important, a-t-il souligné, est de rester fidèles à l’élan fondateur, tout en tenant compte des ressources humaines, matérielles et spirituelles disponibles. Il a plaidé pour une vision équilibrée, capable de conjuguer mémoire vivante et créativité responsable, en favorisant une coopération féconde entre générations.

Dans le prolongement de cette réflexion, le pape a mis en garde contre le risque de dissociation entre vie communautaire et action apostolique. Pour être crédible, l’annonce de la Parole doit aussi s’incarner dans le témoignage de vie. La cohérence entre ce que l’on dit et ce que l’on vit est, selon lui, une condition essentielle de toute évangélisation. Il a rappelé à ce titre l’idéal de vie intégrale voulu par le bienheureux Giacomo Alberione : unifier la vérité, la volonté et le cœur, à la lumière du Christ qui est Voie, Vérité et Vie.

En élargissant sa réflexion, le Saint-Père a reconnu la difficulté de mener cette mission dans un contexte qu’il a décrit, en reprenant les mots du pape François, comme un « hiver culturel et ecclésial ». Pourtant, loin de céder au découragement, il a exhorté les religieuses à s’inspirer de l’enthousiasme apostolique de saint Paul. L’audace du grand apôtre, sa capacité à porter l’Évangile jusqu’aux périphéries, même au prix de l’incompréhension ou de la persécution, demeure un exemple à suivre dans les temps incertains que traverse l’Église.

Le chapitre général, qui se déroule du 7 septembre au 7 octobre à Ariccia, près de Rome, se tient autour du thème : « Poussées par l’Esprit, à l’écoute de l’humanité d’aujourd’hui, nous communiquons l’Évangile de l’espérance ». Le 1ᵉʳ octobre, les capitulantes ont élu leur nouvelle supérieure générale pour le mandat 2025-2031. Sœur Mari Lucia Kim, originaire de Corée du Sud, jusque-là supérieure provinciale dans son pays, succède à sœur Anna Caiazza italienne.

Fondées en 1915 par le bienheureux Giacomo Alberione et la vénérable Tecla Merlo, les Filles de Saint-Paul poursuivent leur mission en mettant les moyens de communication au service de la Parole. À travers l’appel du pape Léon XIV, elles sont aujourd’hui invitées à continuer leur œuvre avec un regard tourné vers l’avenir, une écoute profonde du présent et une fidélité constante à l’Évangile qui ne déçoit pas.

Aimée M

Agence D.I.A CENCO

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