Une table ronde scientifique s’est tenue le 25 mars 2026 au Centre interdiocésain de la Gombe à Kinshasa, réunissant experts médicaux, chercheurs et acteurs institutionnels autour de la prise en charge des enfants nés avec des différences de développement sexuel (DSD). Organisée par le Groupe Inter-Désirs (GIDE) avec la CEJP et l’Ordre des Médecins, sous le patronage du Programme National de la Santé de la Reproduction (PNSR), cette rencontre a permis d’aborder les enjeux médicaux, éthiques et liés aux droits humains dans le contexte congolais.

Les échanges ont mis en évidence une réalité encore insuffisamment prise en compte dans les politiques de santé en RDC. Pour les organisateurs et les participants, les personnes concernées font face à des interventions médicales précoces parfois irréversibles, à une stigmatisation persistante et à l’absence d’un cadre juridique protecteur. Les experts ont également relevé le manque de données fiables, l’absence de protocoles standardisés et les diagnostics tardifs, plaidant pour une approche multidisciplinaire intégrant médecine, psychologie, droit et bioéthique.

La représentante du Programme National de la Santé de la Reproduction, s’exprimant au nom du Ministère de la Santé, a salué cette initiative en soulignant la complexité des DSD, encore peu intégrées dans le système de santé. Elle a insisté sur la nécessité de renforcer les capacités du personnel médical, d’élaborer des protocoles adaptés, d’intégrer les exigences éthiques et de garantir l’intérêt supérieur de l’enfant, tout en assurant un accompagnement des familles.

Elle a présenté cette rencontre comme un cadre essentiel pour briser le silence, identifier les insuffisances et proposer des solutions concrètes. Le Ministère a réaffirmé son engagement à soutenir les initiatives visant à améliorer la qualité des soins et à orienter les politiques publiques en matière de santé reproductive.

Intervenant pour la CEJP/CENCO, Sœur Nathalie Kangaji a rappelé que les enfants concernés et leurs familles sont souvent confrontés à la stigmatisation et à l’exclusion. Elle a insisté sur la mission de l’Église de défendre la dignité humaine et d’assurer un accompagnement sans jugement, tout en appelant à une implication accrue des autorités publiques.
Elle a exprimé l’espoir que cette table ronde débouche sur l’élaboration d’un protocole respectueux des réalités culturelles, éthiques et médicales, saluant l’appui de CAFOD et des partenaires engagés pour une société plus juste et inclusive.

La représentante du Groupe Inter-Désirs a mis en avant les défis majeurs liés aux DSD, notamment le manque d’informations médicales fiables, l’absence de protocoles adaptés, la stigmatisation sociale et l’insuffisance d’encadrement éthique. Il a souligné que cette table ronde vise à instaurer un dialogue entre professionnels de santé, experts, acteurs des droits humains et institutions publiques.
L’objectif est de renforcer la compréhension des DSD
en RDC, de mettre en lumière les enjeux médicaux, éthiques et juridiques et d’amorcer l’élaboration d’un cadre de prise en charge adapté. Réunissant près d’une cinquantaine de participants, dont des spécialistes et des familles concernées, cette initiative s’inscrit dans une dynamique de plaidoyer pour une meilleure reconnaissance des DSD et leur intégration dans les politiques publiques de santé.
DIA-CENCO
