CLOTURE L’ ASSEMBLÉE PLÉNIÈRE DE LA CENCO

Aimée MUSENGA
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SOLLENITÉ DE L’ANNONCIATION DU SEIGNEUR

MERCREDI, 25 MARS 2026

En entrant dans le monde,

celui qui est conçu par la force de l’Esprit et qui est né de la Vierge Marie, dit :

 » Tu n’as voulu ni sacrifice, tu n’as voulu ni holocauste, mais tu m’as formé un corps, alors j’ai dit,  Me voici Seigneur, je viens faire ta volonté » !

Eminence,
Excellences,
Frères et sœurs dans le Seigneur,

Neuf mois avant la nativité de Jésus-Christ notre Seigneur, nous célébrons la solennité de l’annonciation qui marque le premier moment de son existence humaine. L’événement que nous célébrons est de taille dans l’histoire du salut. Il est de très haute portée pour que la joie vienne se mêler à la sobriété du carême.

Si tel est le cas, c’est parce que l’annonciation à la fois surprenante et joyeuse marque la fin de l’Ancienne alliance et inaugure les temps nouveaux, ceux de la Nouvelle alliance. Il y a dans cette solennité la rupture et la transformation, en ce sens que :

– l’inaccessible devient accessible,

– l’invisible se fait visible,

– le lointain se fait proche,

– le Dieu créateur devient fils et frère des hommes !! Mon Dieu, quelle merveille !!

Eminence,
Excellences,
Frères et sœurs,

Tout ceci est motif de joie, d’espérance et d’émerveillement, d’action de grâce profonde au Dieu vivant qui ne se lasse pas de sauver les hommes, qui ne se lasse pas tant qu’il n’a pas sauvé tous les hommes.


Aussi, célébrer l’annonciation c’est aussi décider d’être ou de devenir davantage messagers de la Bonne nouvelle, diffuseurs, transmetteurs de joie et d’espérance. Heureuse coïncidence, la fin de cette plénière correspond avec la célébration de l’annonciation du Seigneur. Dans notre contexte très sensible et marqué par des enjeux multiples et complexes, être messagers de joie et d’espérance :

  • C’est demeurer un signe d’unité et un facteur multiplicateur non pas de fragmentation mais de cohésion autour des valeurs évangéliques et d’une vision communément partagée malgré les éventuelles divergences autour des perceptions, des expressions et des approches ;
  • C’est être porteur et signe d’une fraternité véritable, renouvelée, guérie et débarrassée de préjugés, de médisances, d’extrapolations et des autres venins diviseurs qui fragilisent.
  • C’est faire preuve de fidélité constante et inaltérée à une tradition prophétique d’éveilleurs des consciences, de défenseurs des pauvres, de serviteurs désintéressés et impartiaux ; oui, rester prophétique dans la vérité, sans peur, dans la charité et la bienveillance.
  • on peut en dire davantage.

Eminence,
Excellences,
Chers frères et sœurs,

En plus de la rupture et de la transformation, l’annonciation que nous célébrons vient avec une exigence fondamentale telle que cela se dégage de la Parole de Dieu que nous venons d’entendre. C’est l’exigence du don de soi et/ou celle du dépassement auto-implicatif.

Retentissent encore dans nos oreilles ces paroles entendues de la 1ère et la 2e lectures :
“Tu n’as voulu ni sacrifice, ni holocauste mais tu m’as formé un corps ; alors j’ai dit : Me voici Seigneur, je viens faire ta volonté”. Il s’agit là :

  • du dépassement de sacrifices et holocaustes de l’Ancienne alliance qui étaient alors offerts, donnés ,
  • du dépassement d’une piété purement extérieure et formaliste ; cela, Dieu n’en veut pas ;
  • du dépassement de la logique du faire, celle du donner ;
  • pour la logique du don de soi pour les autres ;
  • pour une logique auto-implicative où ce qui est donné n’est autre chose que soi-même
  • pour une logique où l’objet du don c’est soi-même qui se donne comme offrande consacrée. C’est ce que traduit le “Me voici, je viens faire ta volonté” prononcé par celui qui entre dans le monde.

Éminence,
Excellences,
Frères et sœurs

On peut donner sans se donner comme on peut offrir sans s’offrir mais quand on se donne, quand on est donné alors on a vraiment tout donné.

Vivre l’annonciation c’est passer de la logique de donner et de la logique de faire à la logique auto-implicative d’être don pour les autres, comme le Christ. Face aux enjeux de l’heure, il convient de renouveler le don de nous-mêmes aux autres, notre donation à Dieu qui nous a chargés de cette lourde mission au milieu de son peuple et au sein de notre pays.

Prions donc pour que rien et même les attaques de l’ennemi ne viennent rabougrir et étouffer notre capacité à être des dons et à donner nos vies, pour le peuple de Dieu dont nous sommes pasteurs, pour notre Église et pour notre pays.

Amen.

Mgr Félicien NTambue, Archevêque de Kananga

Agence DIACENCO

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