Le commissaire provincial de la Police nationale congolaise (PNC) ville de Kinshasa, Israël Kantu Bakulu, a ordonné lundi la cessation immédiate des interpellations et arrestations visant les jeunes Kinois en raison de leur accoutrement ou coiffure jugés extravagants.

Cette décision fait suite à une instruction du président de la République démocratique du Congo, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, après une plainte exprimée par des jeunes lors de l’accueil des Léopards, dimanche dernier au Palais du Peuple.
C’est à cette occasion que le chef de l’État avait alors exigé l’arrêt de ces pratiques considérées comme abusives.
Dans la foulée, le commissaire provincial a tenu une réunion avec les responsables des commissariats urbains et de district, ainsi que les unités mobiles et de circulation. Israël Kantu Bakulu a insisté sur le respect strict de cette directive et sur la nécessité d’adopter une police de proximité, davantage orientée vers la sécurisation que vers la répression liée à l’apparence.
L’annonce a été accueillie avec soulagement par de nombreux jeunes, qui espèrent désormais circuler librement sans crainte d’interpellations. Une partie de la population salue également cette mesure, tout en appelant à son application effective sur le terrain.

La fin des arrestations arbitraires liées aux styles dits extravagants constitue ainsi une avancée dans le respect des libertés individuelles. Elle reflète la volonté des autorités de promouvoir une police républicaine, respectueuse des droits humains et de la dignité des citoyens.
Durant plusieurs années, de nombreux jeunes ont été interpellés, voire arrêtés dans différents quartiers et communes de Kinshasa en raison de leur style vestimentaire ou de leur coiffure jugés extravagants. Ces pratiques ont suscité de vifs débats sur le respect des libertés individuelles et des droits des citoyens.
Dénoncées par la population, les organisations de défense des droits humains, les acteurs de la société civile ainsi que les médias locaux, ces arrestations ont souvent été qualifiées d’arbitraires. Pour plusieurs observateurs, elles ne reposaient sur aucune base légale solide.
Stagiaires Michelle Kegba
CECOS
