À l’ouest de Kinshasa, dans les communes de Ngaliema et Mont-Ngafula, la gestion des eaux usées et des déchets ménagers reste un défi majeur. Stagnation des eaux, évacuation anarchique des immondices et déversement quotidien d’eaux domestiques sur la voie publique exposent les populations à un environnement à haut risque sanitaire.
Au quartier Mama Yemo, à hauteur de l’arrêt Église dans la commune de Ngaliema, les pluies révèlent l’ampleur d’un problème devenu chronique. Les eaux de ruissellement stagnent longuement et se mêlent aux déchets ménagers, dégageant des odeurs nauséabondes. Certains riverains profitent des intempéries pour déverser leurs immondices dans les caniveaux ou vider leurs fosses septiques, aggravant la dégradation de l’environnement.
Même hors période pluvieuse, l’insalubrité persiste. Faute de dispositifs adéquats, plusieurs habitants déversent régulièrement leurs eaux usées issues de la vaisselle, de la lessive ou des bains directement sur les voies de passage, contribuant à l’humidité des sols et à la détérioration du cadre de vie.
La situation est également préoccupante au quartier CPA Mushie, sur l’avenue des Inconnus, dans la commune de Mont-Ngafula.
Dans ces zones, les avenues se transforment régulièrement en dépotoirs à ciel ouvert, conséquence du manque d’infrastructures et de comportements inciviques.
« Même en l’absence de pluie, les eaux sales envahissent les rues. Il devient difficile de circuler normalement », témoigne Divine Lukengu, habitante du quartier CPA Mushie. Une résidente de Mama Yemo renchérit : « Lorsqu’il pleut, la situation devient critique. Les odeurs sont insupportables et certains en profitent pour vider leurs fosses septiques. »
Les conséquences sanitaires sont inquiétantes. Les eaux stagnantes favorisent la prolifération des moustiques, vecteurs du paludisme, et facilitent la propagation de maladies hydriques telles que le choléra, la fièvre typhoïde et diverses infections cutanées.
Le docteur Christian Mulamba, médecin généraliste, avertit : « L’exposition permanente aux eaux usées constitue un danger réel pour la santé publique.
Nous observons une recrudescence de maladies liées à l’insalubrité, particulièrement chez les enfants, les plus vulnérables. »
Au-delà du déficit en infrastructures, ce phénomène révèle un problème de civisme et de sensibilisation.
L’absence de mécanismes efficaces de gestion des déchets et de contrôle des pratiques accentue l’insalubrité.
Face à cette situation, les populations lancent un appel pressant aux autorités urbaines pour le curage des caniveaux, l’amélioration du réseau de drainage et la mise en place de politiques efficaces de gestion des déchets.
Elles plaident également pour des campagnes de sensibilisation afin de promouvoir des comportements responsables.
À défaut d’une intervention rapide et coordonnée, cette insalubrité persistante risque de se transformer en crise sanitaire majeure dans ces quartiers de la capitale congolaise.
Merdie Simba / Stagiaire DIA-CENCO
