. Frères et Sœurs dans le Christ,
Le Symposium des Conférences Episcopales d’Afriique et Madagasscar vient de tenir sa 20ème Assemblée plénière à Kigali au Rwanda. Nous rendons grâce à Dieu, Maître des temps et des circonstances qui nous a gratifiés de toutes ses bénédictions pour réussir dans la joie, la fraternité, cette grande Assemblée de l’Eglise Famille de Dieu qui est en Afrique avec les délégués hommes et femmes, laïcs et personnes consacrées, venus des quatre coins de l’Afriques et d’autres continents.
Nous remercions la Conférence épiscopale ainsi que toute l’Eglise Famille de Dieu qui est au Rwanda qui s’est dépensée totalement pour nous accueillir. Nous exprimons notre gratitude envers Son Excellence Monsieur le Président de la République, le Premier Ministre et son gouvernement, les services de sécurité, les différentes équipes d’accueil, de protocole, de logistique, de médian et de liturgie qui n’ont ménagé aucun effort pour rendre notre séjour agréable. A vous fidèles chrétiens qui êtes venus ici nombreux au Sanctuaire de Kibeho, participer à cette célébration eucharistique de clôture, ainsi qu’à toutes et à tous, je dis au nom du SCEAM, Murakoze cyani, merci, merci et merci.
Frères et sœurs, cette 20ème Assemblée du SCEAM a eu pour thème « Christ, source de l’Espérance, de la Réconciliation et de la paix ». Malgré les maux qui accablent diverses parties de notre continent : guerres, terrorisme, divisions, déplacement forcé des populations, l’espérance nous est apparue comme une force pour construire une Afrique nouvelle, une Afrique de la réconciliation, de la justice, de la paix, de la fraternité entre les peuples ; une Afrique de l’espérance.
Au début de cette année jubilaire, le Saint Père le Pape François de vénéré mémoire a justement rappelé que la mission fondamentale de tous les baptisés est d’être « des messagers et des bâtisseurs d’espérance ».
L’espérance chrétienne est habitée par une conviction simple selon laquelle l’avenir a un visage et un visage désirable. Elle tient donc aussi que la forme sous laquelle se donne le présent n’est pas unique ni close sur soi. Quelque chose d’autre est possible, qui doit nous mobiliser pour affronter le temps actuel et ses difficultés. L’espérance, c’est l’ouverture des possibles. Elle a un rapport avec la résurrection du Christ. Là où l’on croit que la porte est définitivement fermée, que la mort a eu le dernier mot, que la pierre du tombeau bouche l’horizon, l’espérance ouvre l’avenir. Cette ouverture que tout un chacun peut éprouver à un moment ou un autre de sa vie, nous voulons la proposer à notre Eglise d’Afrique comme notre contribution pour l’avènement du Royaume de Dieu, ce Royaume d’amour, de justice et de Paix.
Frères et sœurs, les lectures de ce 18ème dimanche du temps ordinaire nous invitent justement à rechercher d’abord le Royaume des cieux. Saint Paul, dans la deuxième lecture, nous exhorte à nus tourner vers les réalités d’en haut et non celles de la terre (Col 3, 1-5.9-11). Pour lui, notre vie reste cachée avec le Christ en Dieu. En effet, il considère que le Christ est vraiment tout, et en tous (Omnia omnibus). Il nous exhorte à revêtir l’homme nouveau, dans le Christ, à nous débarrasser de l’homme ancien et à faire mourir en nous ce qui n’appartient qu’à la terre, ce qui nous tire vers le bas, ce qui détruit humanité : « débauche, impureté, passion, désir mauvais, égoïsme, et cette soif de posséder, qui est une idolâtrie ». Je crois que chacun de nous se retrouve au moins dans une des choses que Saint Paul cite, et il nous revient de nous engager à tuer cela en nous, sinon c’est nous qui serons tués par ces derniers, car ils nous couperont de la communion finale avec notre Dieu. Pour saint Paul, la soif de posséder les biens de la terre au détriment de la vie des autres peut simplement être comparée à de l’idolâtrie.
Déjà dans la première, lecture le sage Qohelet nous avertit : « vanité des vanités tout n’est que vanité ». Un jour nous devrons laisser tous les biens que nous avons accumulés ici sur terre au prix de tant de peine, alors que d’autres personnes pourront en bénéficier après nous, sans s’être donné aucune peine (Qo 1, 2 ; 2, 21-23). Dans l’évangile, Jésus raconte la parabole d’un homme qui avait amassé des richesses et qui espérait en jouir pendant de longues années, oubliant que la longueur de sa vie dépendait de Dieu. La richesse avait ébloui et aveuglé cet homme qui ne voyait que lui-même ; il n’avait de relation ni avec les autres, ni avec Dieu. Il limitait son existence à ses biens, à ses richesses. .
Ainsi malgré l’abondance de ses richesses, cet homme était un vrai malheureux. Car ce n’est pas la richesse qui fait le bonheur de l’homme. Le bonheur se situe plutôt dans la capacité d’aimer et d’être aimé. Et l’amour s’expérimente dans de bonnes relations qu’on entretient avec les autres et avec Dieu, qui est la source du vrai bonheur. Nos pays africains ont d’immenses richesses mais il nous arrive de ne pas être heureux car nous ne recherchons pas d’abord le Royaume de Dieu.
Voilà pourquoi, à la lumière de ces textes, nous invitons les fidèles catholiques et toutes les personnes de bonne volonté à rechercher d’abord le Royaume des Cieux. Ce Royaume d’amour, de justice, de paix, de réconciliation et de fraternité est à construire chaque jour dans communautés, dans nos sociétés, dans nos Eglises. C’est ainsi que le Pape Léon XIV, le jour de son élection a adressé à l’Eglise tout entière ses premières paroles en ces termes :
« Sans crainte unis main dans la main avec Dieu et les uns avec les autres, allons de l’avant, nous sommes les disciples du Christ. Le Christ nous précède, le monde a besoin de sa lumière, l’humanité a besoin de lui comme pont vers Dieu et son amour. Aidez-nous aussi, puis les uns les autres, à construire des ponts par le dialogue, par la rencontre, nous unissant tous pour être un seul peuple,toujours en paix ».
Frères et sœurs, avec tous les fidèles de notre continent, quelles que soient les difficultés du moment, tenons-nous la main dans la main, pour bâtir notre Afrique de l’avenir en nous fondant sur le Christ. « Car notre histoire présente ne reste pas fermée sur elle-même, mais elle est ouverte au Règne de Dieu. C’est pourquoi ni le désespoir, ni le pessimisme ne peuvent être justifiés quant à l’avenir de l’Afrique » (Ecclesia in Africa n. 14).
Christ notre espérance est vivant, nous vivrons. Levons-nous tous ensemble pour bâtir l’Afrique d l’espérance. Que la Vierge Marie, Notre-Dame d’Afrique et Notre-Dame de l‘espérance intercède pour nous. Amen !






