La ville d’Uvira, dans la province du Sud-Kivu, a connu une journée particulièrement tendue ce dimanche 18 janvier 2026, marquée par le retour des Wazalendo et des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), au lendemain du retrait des éléments du mouvement rebelle M23, soutenus par le Rwanda selon plusieurs sources officielles.
Avant leur départ effectif de la ville dans la soirée du samedi 17 janvier, les responsables du M23, par la voix de leur porte-parole, ont déclaré avoir souhaité remettre la ville à une force dite neutre. Selon cette déclaration, l’absence de mise en place d’un tel dispositif les aurait contraints à se retirer, en affirmant laisser au gouvernement congolais la responsabilité des éventuels dommages qui pourraient survenir après leur départ.

Toute la journée du dimanche, jusque tard dans la nuit, des tirs nourris d’armes de différents calibres ont été entendus dans plusieurs quartiers de la ville, plongeant la population dans une vive inquiétude. Ces affrontements et mouvements armés ont été accompagnés de scènes de pillages et de violences ayant entraîné des pertes en vies humaines.
Dans le quartier administratif de Kimanga, l’ensemble des bureaux de l’État a été systématiquement pillé. Plusieurs hôtels, une école ainsi que de nombreux bâtiments appartenant à des membres de la communauté banyamulenge ont également été ciblés, provoquant des déplacements de populations et un climat de peur généralisée.
Sur le plan administratif, aucune autorité publique provinciale ou nationale n’était encore présente à Uvira ce lundi 19 janvier. Toutefois, le gouverneur de la province du Sud-Kivu, M. Jean-Jacques Purusi, actuellement en séjour au Burundi, s’est adressé à la population dès le dimanche 18 janvier, l’appelant au calme, à la vigilance et à la retenue. Il a également déploré le pillage d’un important stock de goudron par les rebelles du M23 sur le site de Kalungwe, tout en affirmant que ces derniers se retrouvent désormais sous une forte pression internationale.
La situation a également eu des répercussions sur la vie pastorale. Plusieurs célébrations eucharistiques ont été perturbées dans les paroisses du centre-ville. Par crainte des crépitements d’armes, de nombreux fidèles ne se sont pas rendus à l’église. Dans certaines paroisses, les messes de la mi-journée et celles du soir ont dû être annulées.
À ce stade, le bilan humain reste provisoire et difficile à établir en raison de l’absence des autorités compétentes. Des sources locales font état d’au moins trois personnes décédées suite à des balles perdues et de quatre autres blessées.
Ce lundi 19 janvier, la circulation routière a repris de manière presque normale dans la ville. Néanmoins, les activités commerciales demeurent largement au ralenti, traduisant une population encore marquée par les événements récents et dans l’attente du rétablissement effectif de l’autorité de l’État et d’un climat sécuritaire apaisé.
Des acteurs de la société civile continuent d’exprimer leur profonde préoccupation face à cette situation et réitèrent leur appel à la protection des populations civiles, au respect de la vie humaine et à la recherche de solutions pacifiques et durables pour le retour de la paix dans l’Est de la République démocratique du Congo.
Correspondant DIACENCO depuis Uvira
