Le Sénégal est à nouveau roi d’Afrique. Au terme d’une finale totalement hors normes, irrespirable et polémique, les Lions de la Téranga ont dominé le Maroc, pays hôte, après prolongation (1-0) pour remporter la Coupe d’Afrique des Nations 2025. Un sacre arraché dans la douleur, la tension extrême et un scénario digne des plus grandes épopées du football africain.

Une finale fermée, puis basculée dans l’irrationnel
Quatre ans après leur premier triomphe continental, les Sénégalais ont confirmé leur statut. Longtemps verrouillée, cette finale a d’abord été une bataille d’usure, faite d’intensité, de duels et de respect tactique. Mais ce qui devait être une finale serrée est devenue, dans les dernières minutes, un moment de pure folie, où le football a flirté avec l’absurde.
Pour son dernier match en CAN, Sadio Mané a incarné le calme dans la tempête. Leader silencieux mais décisif, il a joué un rôle clé hors du terrain, lorsque la colère menaçait de faire dérailler le destin sénégalais. Face à un Maroc solide, sûr de sa force et porté par tout un stade, le Sénégal a tenu, résisté, puis frappé au moment où plus personne ne l’attendait.
Bounou et Mendy, les gardiens du suspense
Dès l’entame, la finale a été marquée par un duel de portiers. Yassine Bounou a multiplié les parades de grande classe, notamment devant Pape Gueye et Ndiaye, tandis qu’Édouard Mendy répondait avec autorité aux tentatives marocaines. Abde Ezzalzouli, Ismaël Saibari, Brahim Díaz ou encore Ayoub El Kaabi ont tenté d’accélérer, sans jamais trouver la faille dans un premier temps.
Privé de cadres comme Kalidou Koulibaly et Habib Diarra, le Sénégal n’a jamais renoncé à jouer. Nico Jackson a pesé sur la défense, Lamine Camara a apporté sa projection, et les Lions de la Téranga ont souvent été les plus dangereux dans les moments clés.
Le Maroc pousse, le Sénégal encaisse
Au retour des vestiaires, les Lions de l’Atlas ont pris le contrôle territorial. Les vagues marocaines se sont succédées, Brahim Díaz illuminant le jeu par sa créativité. Mais l’efficacité a manqué de peu, à l’image de cette reprise d’El Kaabi qui a frôlé le cadre.
Malgré cette domination, le Sénégal est resté fidèle à son plan : solidité, transitions rapides et patience. En fin de temps réglementaire, Bounou a encore dû sortir le grand jeu pour empêcher Mbaye d’offrir la CAN au Sénégal.
Une fin de match totalement lunaire
Le match a basculé dans une autre dimension dans les dernières minutes. Un but sénégalais a d’abord été refusé après une action confuse sur corner, provoquant incompréhension et frustration. Puis, dans les ultimes secondes du temps additionnel, l’arbitre a accordé un penalty au Maroc après intervention de la VAR pour une faute sur Brahim Díaz.
S’ensuit une scène surréaliste : les joueurs sénégalais quittent la pelouse pour protester, avant de revenir après de longues discussions. Le penalty est manqué, le chaos est total, et la finale se prolonge dans une atmosphère électrique, presque irréelle.
Pape Gueye, libérateur d’un peuple
Éprouvés mentalement mais d’une lucidité remarquable, les Lions de la Téranga trouvent finalement l’ouverture en prolongation. Sur une action mal repoussée, Pape Gueye surgit et inscrit le but qui fait basculer l’histoire. Le Sénégal tient sa délivrance.
Solides jusqu’au bout, héroïques dans l’effort, les champions d’Afrique résistent aux dernières tentatives marocaines pour s’imposer 1-0 après prolongation. Au coup de sifflet final, c’est tout un pays qui explose de joie.
Jean-Jacques Ndala, l’arbitre au cœur de l’Histoire
Cette finale hors norme restera aussi marquée par la présence au sifflet de Jean-Jacques Ndala Ngambo. En le désignant pour diriger le match le plus important du continent, la CAF n’a pas seulement choisi un arbitre, mais consacré un parcours d’excellence. Déjà arbitre du match d’ouverture de la CAN 2025 entre le Maroc et les Comores, le Congolais a symboliquement ouvert et refermé la compétition, un privilège rarissime.
Issu de la Ligue de football du Katanga, élu meilleur arbitre de la Linafoot en 2020, Ndala s’est imposé par la rigueur, la constance et le sang-froid. International depuis plusieurs années, il a officié en CAN, CHAN, Ligue des champions CAF, Coupe de la Confédération, Coupe du monde U-20 et éliminatoires du Mondial 2022. Sa participation à un stage FIFA de haut niveau et sa désignation pour la Supercoupe de la CAF à Doha ont confirmé son statut parmi l’élite arbitrale africaine.
Une autorité respectée, malgré la tempête
Dans une finale marquée par la pression populaire, la VAR et des décisions lourdes de conséquences, Jean-Jacques Ndala a tenu la barre dans un contexte extrême. Ses statistiques parlent pour lui : un arbitrage ferme mais équilibré, respecté par les joueurs, et une capacité rare à gérer les moments de crise. Pour la RDC, sa présence à ce niveau est une fierté nationale ; pour le football africain, un symbole de compétence et de crédibilité.
Le Sénégal, désormais une référence continentale
Dans une nuit de folie à Rabat, le Sénégal a confirmé qu’il n’était plus un simple champion de passage. Cette deuxième étoile consacre une génération, une mentalité et une nation désormais installée parmi les géants du football africain.
Entre polémique, émotion brute et héroïsme, cette finale restera comme l’une des plus marquantes de l’histoire de la CAN. Et au bout de la nuit, ce sont les Lions de la Téranga qui ont rugi plus fort que tous les autres.
Agence de presse DIA-CENCO
Tiré des médias concordants ( RMC Sport, Le Soir, RFI, Foot Mercato, BBC)
