La Cathédrale Saint Joseph de Goma a accueilli, ce Jeudi Saint, une célébration d’une grande intensité spirituelle. Il a rassemblé une foule de fidèles venus revivre l’un des moments forts de la foi chrétienne : le dernier repas du Christ avec ses apôtres.
La messe eucharistique a été présidée par le Révérend Abbé Marc KANAMUGIRE GAKARA, Curé doyen de la paroisse, entouré de six autres prêtres. Dès les premiers instants de la messe, l’appel a été orienté vers la sobriété, le recueillement et l’examen de l’âme. Tous ces points ont guidé chaque étape de la célébration.
Au centre de cette liturgie, le geste du lavement des pieds a retenu une attention particulière. Reproduit avec fidélité, ce rite ancien n’a pas été réduit à une simple tradition. Le célébrant a pris soin d’en dévoiler toute la portée, en remontant jusqu’à Jésus-Christ, qui, selon les Écritures, a posé cet acte à la veille de sa Passion.
« Jésus, en ses derniers jours sur la terre, a voulu témoigner de son amour envers ses disciples », a-t-il rappelé devant l’assemblée attentive. Une parole qui a servi de point de départ à une réflexion plus large sur les exigences de la vie chrétienne.
Dans son homélie structurée et sans détour, l’Abbé Marc a livré une lecture concrète du lavement des pieds dans le quotidien des croyants. Loin d’une interprétation abstraite, il a insisté sur des attitudes tangibles : pardonner les offenses, recréer des liens brisés, accueillir les limites de l’autre. « Laver les pieds de son prochain, c’est lui pardonner ses fautes, renouer de nouvelles amitiés avec lui, le tolérer dans ses faiblesses », a-t-il expliqué.
Dans le même élan, il a évoqué l’autre versant de ce geste ; se laisser laver les pieds reste profond dans notre chrétienne. Cette démarche a été présentée comme un appel à la conversion personnelle. « Se laisser laver les pieds, c’est reconnaître ses torts, se repentir et s’ouvrir à une transformation intérieure avec humilité », a-t-il précisé.
Le message s’est voulu encore plus interpellateur lorsqu’il a évoqué la figure du disciple prêt à trahir. Sans le nommer, l’allusion à Judas a permis au célébrant de souligner la radicalité de l’amour du Christ, capable de s’étendre même à celui qui s’apprête à le livrer. Une attitude qui, selon lui, devrait inspirer les fidèles dans leurs relations humaines ; celle d’éviter toute forme de vengeance et laisser à Dieu le soin de juger.
Au-delà de la célébration eucharistique, la soirée s’est prolongée par un temps d’adoration du Saint-Sacrement. Dans un moment de prière, une cinquantaine de membres de la croisade eucharistique, bougies allumées à la main, ont accompagné cette de prière intense, traduisant une foi vivante et engagée.
Cette commémoration plonge ses racines dans la Cène, ce repas du soir au cours duquel le Christ a institué l’Eucharistie, fondement du culte chrétien. Par le partage du pain et du vin, devenus symboles de son corps et de son sang, une nouvelle alliance entre Dieu et l’humanité a été scellée. Ce moment a marqué l’histoire au point d’inspirer des œuvres majeures, notamment celle de Léonard de Vinci qui en a laissé une représentation mondialement connue.
Dans la tradition chrétienne, la Cène demeure ainsi une référence essentielle, évoquant à la fois le don de soi, le service et la mémoire vivante du Christ au sein de la communauté des croyants.
À l’issue de l’adoration, le célébrant a invité les fidèles à entrer dans une attitude de silence intérieur, à observer jusqu’au samedi soir. Une consigne qui vise à favoriser la méditation personnelle durant ces jours décisifs du calendrier liturgique.
Non loin de la paroisse, à moins de quinze mètres, le sanctuaire d’adoration de Goma a lui aussi connu le rythme de cette journée particulière. Les membres de la Communauté Sant’Egidio y ont également procédé au lavement des pieds, prolongeant dans un autre cadre ce geste chargé de sens.
Ainsi, à Goma, ce Jeudi Saint n’a pas été une simple répétition rituelle. Il a offert aux fidèles une occasion de revisiter leur manière de vivre la foi, à travers des gestes concrets et des engagements renouvelés.
J-Rostand VUSANGI M, Correspondant DIA CENCO depuis Goma.
