La 30ᵉ Conférence des Nations Unies sur le climat (COP30) s’est officiellement ouverte ce lundi à Belém, au Brésil, au cœur de l’Amazonie. Parmi les délégations religieuses venues des quatre coins du monde, la République démocratique du Congo est représentée par une mission de quatre membres de l’Église catholique, conduite sous l’autorité du Cardinal Fridolin Ambongo Besungu, archevêque de Kinshasa et président du Symposium des Conférences Épiscopales d’Afrique et de Madagascar (SCEAM). Porte-voix de tout le continent africain, il s’unit aux cardinaux Jaime Spengler (président du CELAM pour l’Amérique latine et les Caraïbes) et Filipe Neri Ferrão (président de la FABC pour l’Asie), pour faire résonner les voix des Églises des trois continents du Sud.
La délégation congolaise, menée par la Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO), est décidée à interpeller la communauté internationale sur la situation dramatique à l’Est du pays, où l’exploitation illégale des ressources minières continue d’alimenter les conflits armés. Ces richesses – cuivre, cobalt, coltan – essentielles à la fabrication des batteries électriques et des technologies vertes, sont devenues de véritables « minerais de sang », selon Jeanne-Marie Abanda, secrétaire exécutive de la Commission épiscopale pour les ressources naturelles de la CENCO et membre de la délégation présente à Belém.
Dans un entretien accordé à Vatican News, elle relaie le message du Pape Léon XIV, lu par le cardinal Parolin lors du sommet des dirigeants, notamment, Si tu veux construire la paix, protège la Création.
Jeanne-Marie Abanda a déclaré en outre que, Nous ne saurons pas faire grand-chose tant qu’on reste un pays divisé, soulignant que la RDC a besoin de paix pour se reconstruire, pour travailler à la protection de la planète et redonner de l’espérance à sa population. Nous sommes au cœur de l’Afrique, mais aussi au cœur du monde avec le bassin du Congo, deuxième plus grande forêt tropicale du globe.
Elle insiste sur la force de mobilisation de l’Église catholique du Congo, présente dans les 48 diocèses du pays :
< Nous vivons avec le peuple. Notre réseau pastoral nous permet d’agir rapidement, mais nous manquons de moyens financiers. Nous avons des programmes ambitieux capables d’entraîner le gouvernement et les communautés dans une gestion responsable des ressources, mais faute de soutien, nous travaillons aux compte-gouttes. >
Pour la CENCO, la COP30 est une occasion unique de faire entendre le cri du peuple congolais et des communautés locales, victimes d’un modèle économique injuste et qui appellent à être aidées afin d’accéder au développement et au bien-être.
Jeanne-Marie Abanda
Appuie également la dénonciation du président Félix Tshisekedi, qui a évoqué à Belém la “guerre écologique” subie par la RDC dans l’indifférence générale : Nous sommes victimes de nos richesses. Le monde veut exploiter nos minerais sans se soucier des Congolais. Les téléphones que nous tenons contiennent le sang des nôtres, car c’est le coltan congolais qui les rend possibles. Nous disons : arrêtez de nous tuer pour nos minerais !
Enfin, la représentante de la CENCO rappelle l’urgence d’une gestion durable et équitable des ressources naturelles du bassin du Congo :
Pour elle, il faut associer les communautés locales à la gestion des ressources et instaurer un marché équitable. L’homme ne doit pas détruire ce que Dieu lui a confié, mais le préserver pour les générations futures.
En somme, la présence de la CENCO et du cardinal Fridolin Ambongo Besungu à la COP30 symbolise une Afrique ecclésiale debout, refusant que son développement se fasse au prix du sang et de la dévastation.
À Belém, l’Église du Congo rappelle au monde que la paix et la justice écologique sont les deux faces d’une même médaille. Elle n’a cessé de marteler. Si tu veux la paix, protège la Création. Si tu veux la justice, arrête le pillage des minerais de sang.
Agence DIA CENCO
Source: Vaticannews
