Angola, une page d’histoire : de la guerre à la puissance, cinquante ans d’indépendance et une leçon africaine de résilience

Aimée MUSENGA
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 Chronique d’un demi-siècle de lutte, de foi et de reconstruction par l’Agence de presse DIA-CENCO

Ce mardi 11 novembre 2025, l’Angola célèbre le cinquantenaire de son indépendance, conquise dans la douleur après des décennies de lutte contre la colonisation portugaise et de guerres fratricides. Tout commence le 15 mars 1961, lorsque le Front national de libération de l’Angola (FNLA) de Holden Roberto déclenche l’insurrection contre le pouvoir colonial. Dans son sillage, émergent le Mouvement populaire de libération de l’Angola (MPLA) d’Agostinho Neto et l’Union nationale pour l’indépendance totale de l’Angola (Unita) de Jonas Savimbi.

Chacun portait une vision différente du destin national, mais tous rêvaient d’un même idéal : la liberté et la dignité du peuple angolais.

Les accords d’Alvor de janvier 1975 prévoyaient une transition pacifique, mais la rivalité entre mouvements et les ingérences étrangères pendant la guerre froide — avec la CIA, l’Afrique du Sud de l’apartheid, Cuba et l’URSS — précipitèrent le pays dans une guerre civile qui dura jusqu’en 2002.

Dans la nuit du 10 au 11 novembre 1975, Agostinho Neto proclama solennellement l’indépendance de la République populaire d’Angola, tandis que les canons tonnaient encore aux portes de Luanda.

 L’Église catholique, une boussole morale au cœur de la tourmente

Dans ce long chemin vers la liberté et la paix, l’Église catholique a joué un rôle silencieux mais déterminant. Depuis l’arrivée des premiers missionnaires en 1491, l’Église a été un pilier d’éducation, de santé et de justice. Elle a façonné les consciences, soutenu les pauvres et transmis une vision de la dignité humaine fondée sur l’Évangile.

Selon Mgr Zacarias Kamwenho, archevêque émérite de Lubango et figure emblématique du clergé angolais, « les missionnaires ont été les premiers à créer des écoles, des centres de santé et des internats. Ils nous ont appris à lire, à soigner et à penser librement. »

À 90 ans, il rappelle que « l’Église a ouvert ses portes lorsque les Angolais étaient privés de dignité et a défendu les plus faibles au prix du sang de nombreux prêtres et catéchistes. »

Dans les années de guerre, Mgr Kamwenho fut une voix prophétique de paix et de réconciliation nationale, médiateur respecté entre les belligérants et lauréat du Prix Sakharov du Parlement européen en 2001. Pour lui, l’indépendance politique reste un appel à la justice et au partage, non un aboutissement.

« L’Angola dont nous rêvions et celui d’aujourd’hui ne sont pas les mêmes. Mais notre mission continue : construire une Angola plus juste et fraternelle pour les 50 prochaines années », insiste-t-il.

 Les jésuites : 50 ans de mission renouvelée, au service de la paix et de la jeunesse

La Compagnie de Jésus (les jésuites), après une première présence de plus de deux siècles au Royaume Kongo, a marqué profondément l’histoire spirituelle et éducative du pays. Rappelés officiellement en 1973 à la demande de l’archevêque de Luanda, ils sont revenus juste avant l’indépendance, avec pour seul objectif de servir l’Église et la nation.

Leur jubilé d’or, célébré en décembre 2023, a rappelé cette histoire héroïque. Le père Michel Ntangu, supérieur des jésuites en Angola, soulignait :

« Ce jubilé est un moment de mémoire et d’espérance. Nous regardons vers l’avenir comme témoins passionnés de Jésus-Christ, au service d’un peuple résilient. »

Les jésuites, peu nombreux mais très actifs, dirigent aujourd’hui des paroisses, séminaires, écoles et centres de formation spirituelle, tels que le Centre Saint-Jean de Brito à Viana, et participent à la Commission Justice et Paix de la Conférence épiscopale.

Leur priorité : accompagner la jeunesse, promouvoir une éducation intégrale et former une nouvelle génération de leaders enracinés dans la foi, la responsabilité et la paix.

À travers le Service Jésuite des Réfugiés (JRS), ils soutiennent les déplacés et les victimes de guerre, traduisant l’Évangile en actes concrets de solidarité.

 João Lourenço, un leadership enraciné dans la paix

Sous la présidence de João Lourenço, l’Angola célèbre ses 50 ans d’indépendance avec fierté. Chef d’État réformateur et président en exercice de l’Union africaine, il incarne un leadership panafricain pragmatique engagé dans la résolution pacifique des conflits au sein de la SADC et d’autres organisations régionales.

Son message à la jeunesse africaine est clair : « Quittons la culture de la guerre pour celle de la paix et du développement. »

 Une leçon africaine de résilience et de foi

Cinquante ans après le 11 novembre 1975, l’Angola apparaît comme un modèle de renaissance africaine, où la foi et la mémoire se conjuguent pour bâtir un avenir commun.

L’histoire montre que l’indépendance politique n’a de sens que lorsqu’elle s’enracine dans la dignité humaine, la vérité et la solidarité.

De Neto à Lourenço, en passant par Kamwenho et les jésuites, une même conviction traverse le temps : aucune paix durable n’est possible sans justice, sans mémoire, et sans la lumière spirituelle qui guide les peuples vers leur véritable libération.

 11 novembre 1975 – 11 novembre 2025 : cinquante ans de feu, de fer et d’espérance.

L’Angola se dresse aujourd’hui comme un phare africain de paix, de foi et de résilience, rappelant à tout le continent qu’aucune guerre n’est éternelle quand un peuple choisit la réconciliation et la vérité.

Chronique de l’Agence  DIA CENCO

Tiré de Afriquexxi.info avec Vaticannew

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