Célébration au Burundi des premières ordinations autochtones il y a 100 ans

Aimée MUSENGA
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Samedi dernier, l’Église catholique du Burundi a célébré le centenaire de l’ordination des abbés Émile Ngendagende et Patrice Ntidendereza, premiers prêtres burundais ordonnés en 1925. Un siècle après cet événement fondateur, la communauté ecclésiale s’est rassemblée pour rendre grâce pour la mission sacerdotale et pour la vitalité pastorale qui caractérisent aujourd’hui le pays. Le Burundi compte désormais environ 1 350 prêtres répartis dans les huit diocèses, signe d’une croissance spirituelle et sociale remarquable.

La célébration s’est tenue au sanctuaire Marie Reine de la Paix et de la Réconciliation, au Mont Sion de Gikungu, à Bujumbura. Elle a été présidée par l’archevêque de Bujumbura, Mgr Gervais Banshimiyubusa, entouré des évêques de la Conférence épiscopale du Burundi (CECAB). La présence du nonce apostolique au Burundi, ainsi que celle d’une délégation venue du Rwanda, a conféré à l’événement une dimension universelle et fraternelle.

Dans son homélie, Mgr Bonaventure Nahimana, président de la CECAB, a insisté sur l’importance du sacerdoce, rappelant qu’il s’agit d’un don partagé avec le Christ et d’une source de grâces pour l’Église universelle comme pour le peuple burundais. Il a remercié les fidèles pour leur engagement dans ce jubilé, ainsi que pour leur soutien constant aux prêtres, par la prière et par l’aide matérielle. Il a également salué la collaboration avec le gouvernement, jugée essentielle pour permettre aux prêtres d’exercer leur ministère dans de bonnes conditions.

Au nom de l’État, le vice-président Prosper Bazombanza a exprimé sa gratitude envers l’Église, particulièrement envers les prêtres burundais, pour le service rendu à la nation. Il a souligné que leur mission d’édification des cœurs par l’Évangile contribue depuis cent ans à maintenir la paix, l’amour et la miséricorde au Burundi. Selon lui, ce jubilé constitue un héritage national, rappelant le rôle des prêtres dans la cohésion sociale.

La célébration coïncidait avec la clôture de la session ordinaire de la CECAB. Les évêques y ont évoqué plusieurs défis majeurs auxquels le pays reste confronté, notamment la pauvreté persistante, le manque de produits de première nécessité comme les engrais et les médicaments, les tensions dans le secteur de l’enseignement, les départs nombreux de Burundais vers l’étranger, ainsi que les assassinats sporadiques et les difficultés économiques qui fragilisent les familles.

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