Dans un contexte national et international marqué par l’incertitude, l’angoisse et le doute quant à la possibilité de vivre une paix véritable au quotidien, Son Excellence Monseigneur Fulgence Muteba Mugalu, Archevêque Métropolitain de Lubumbashi, a présidé avec ferveur la messe solennelle de la Nuit de Noël à la Cathédrale Saints Pierre et Paul.
En ce jour hautement symbolique, que l’Église célèbre comme la mémoire vivante de la Nativité du Seigneur, l’Archevêque a invité le peuple de Dieu à accueillir avec foi et espérance le Christ, Prince de la Paix. Sa prédication, profondément marquée par la spiritualité de Noël, a exhorté les fidèles à vivre trois attitudes fondamentales face au mystère de l’Incarnation : la contemplation, l’adoration et l’acceptation du Sauveur.
Fidèle à sa tradition pastorale, Mgr Fulgence Muteba a tenu à commémorer la naissance du Sauveur au cœur même de l’Église-mère de l’archidiocèse. En cette année jubilaire, il a souligné que, loin de perdre son sens, cette célébration conserve toute sa profondeur spirituelle, rappelant que « la ferveur de la célébration demeure intacte ». Heureux de partager cette nuit sainte avec les fidèles de la cathédrale, l’Archevêque a rappelé que Noël se situe au carrefour de la marche synodale et du vivre-ensemble, affirmant avec force :
« Nous ne sommes pas seuls. Dans la marche synodale, il n’y a pas de distinction ».
Développant le mystère de la Nativité, il a enseigné que Dieu, invisible, s’est rendu visible dans ce que l’Église appelle le mystère du Verbe incarné. À ce titre, la crèche, a-t-il expliqué, demeure un véritable instrument pédagogique, nous enseignant ces trois vertus essentielles que sont la contemplation, l’adoration et l’accueil du Christ.
Poursuivant son homélie, l’Archevêque a articulé son message autour de trois axes majeurs, qui ont profondément retenu l’attention de l’assemblée :
l’Ubuntu,
la dignité de l’enfant,
La paix.
1. L’Ubuntu : redevenir pleinement humains
Évoquant le premier point, Mgr Muteba a insisté sur l’urgence d’un retour à une humanité authentique, fondée sur le respect et la reconnaissance de la dignité de l’autre. Dans une lecture lucide du contexte national, il a exprimé son inquiétude face à certains accords et pratiques, illustrant son propos par l’image d’un riche malade entouré de personnes davantage préoccupées par l’héritage que par la compassion. Citant le Pape François lors de sa visite en République Démocratique du Congo, l’Archevêque a dénoncé le déséquilibre géostratégique et le colonialisme économique, qui tendent à transformer le pays en un champ de bataille des grandes puissances mondiales.
2. La dignité des enfants
Abordant le deuxième point, l’Archevêque a fermement condamné les arrestations forcées d’enfants, notamment celles les conduisant à Kanyama Kasese. Rappelant que le Christ est venu restaurer la dignité humaine, il a souligné que toute action en faveur du service de la nation doit se faire dans le respect de la liberté et de la volonté explicite des personnes concernées, et dans un cadre clairement défini sur l’ensemble du territoire national.
3. La paix, don et responsabilité
Enfin, Mgr Fulgence Muteba a longuement médité sur la paix, l’un des titres messianiques du Christ nouveau-né : Prince de la Paix. Avec des mots forts et sans détour, il a déclaré :
« La paix est en panne. ».
Il a rappelé que la paix ne s’impose pas, mais se propose, et qu’elle ne se réduit pas à la simple absence de guerre. La véritable paix est un engagement personnel et communautaire. Citant l’Évangile, il a averti que ceux qui refusent la paix s’exposent à un jugement plus sévère encore que celui réservé aux habitants de Sodome et Gomorrhe.
Conclusion liturgique
Avant la bénédiction finale, l’Archevêque a confié l’Église diocésaine à l’intercession de la Bienheureuse Vierge Marie, souhaitant à tous les fidèles de joyeuses fêtes de la Nativité et les invitant à faire de l’espérance une seconde nature dans leur vie quotidienne.
La célébration s’est achevée dans une joie liturgique intense, marquée par un geste hautement symbolique : la clôture de la Porte Sainte de la Cathédrale, accomplie par Mgr Fulgence Muteba, signe de la grâce jubilaire et de l’appel à entrer dans une vie renouvelée en Christ.
P. Alphonse Abedi, stp
Communications sociales de Lubumbashi
