décembre 26, 2025
N°59 de l’Avenue Monts Virunga, Commune Gombe ( Kinshasa / RDCONGO )
Kinshasa

Archidiocèse de Kinshasa : Noël, un appel pressant à la conversion des cœurs. ( Cardinal Fridolin Ambongo)

Le Cardinal Fridolin Ambongo Besungu, Archevêque métropolitain de Kinshasa, a appelé avec insistance les acteurs sociaux et politiques congolais à choisir la paix et à cesser les guerres, car les ténèbres de la violence n’ont pas le dernier mot. Il a lancé  cet appel dans son homélie prononcée mercredi 24 décembre 2025 à la Cathédrale Notre-Dame du Congo, dans la commune de la Gombe à Kinshasa, à l’occasion de la nativité du Christ Emmanuel, Prince de la Paix.

Cet appel fort et prophétique du Cardinal Fridolin Ambongo Besungu résonne comme une interpellation directe adressée à la conscience nationale. Il ne s’agit pas d’un simple souhait pieux, mais d’un appel urgent à la responsabilité, à la lumière de l’Évangile et de la réalité douloureuse que traverse notre pays.

Noël : la promesse de Dieu dans la fragilité

L’Évangile selon saint Luc, a-t-il précisé,  rappelle que Jésus est né dans la pauvreté la plus totale :

« Marie mit au monde son fils premier-né ; elle l’emmaillota et le coucha dans une mangeoire, parce qu’il n’y avait pas de place pour eux dans la salle commune » (Lc 2,7).

Alors que l’empereur exerçait sa puissance par des décrets et des ordonnances, Dieu, Lui, accomplit sa promesse dans la fragilité d’un enfant, couché dans une mangeoire. Cette naissance, dit le Cardinal,  révèle une vérité fondamentale : le salut ne vient pas de la force des armes ni de la domination, mais de l’humilité, de l’amour et du don de soi.

Pour le Cardinal-Archeveque, le fait que les anges annoncent cette bonne nouvelle aux bergers, des hommes simples et marginalisés, montre clairement que le salut s’adresse d’abord aux petits, aux pauvres, aux oubliés.

Aujourd’hui encore, ce message rejoint les déplacés, les victimes des violences, les familles meurtries, les enfants de la rue et tous ceux qui souffrent dans notre pays, a déclaré l’archevêque de Kinshasa.

Les ténèbres ne sont pas le dernier mot.

A l’en croire, la réalité de la République Démocratique du Congo demeure marquée par de profondes ténèbres :

Guerres à l’Est, insécurité persistante au Nord-Kivu, Sud-Kivu, Ituri, Kwamouth, Maïndombe, sur le plateau des Batéké, déplacements massifs des populations, misère, manque d’eau et d’électricité, difficultés de circulation à Kinshasa, traumatismes sociaux et familiaux.

Pourtant, a-t-il renchéri,

la Parole de Dieu proclame avec force :

« Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière » (Is 9,1).

Cette lumière, c’est Emmanuel, Dieu-avec-nous, né dans la nuit de Bethléem. Sa naissance proclame que les ténèbres de la violence, de l’injustice et de la mort n’ont pas le dernier mot. Même lorsque la souffrance semble dominer, l’espérance demeure possible.

L’espérance chrétienne ne déçoit pas

À l’approche de la clôture de l’année jubilaire, l’Écriture nous rappelle :

« L’espérance ne déçoit pas » (Rm 5,5).

La crise que traverse notre pays, aussi grave soit-elle, ne peut étouffer l’espérance de ceux qui croient. Bien au contraire, elle nous rappelle l’urgence de laisser le Christ naître dans nos cœurs, dans nos familles, dans nos communautés et dans notre nation, afin de reconstruire la paix et restaurer la confiance entre les peuples.

L’Incarnation du Fils de Dieu fonde une éthique de la paix, du vivre-ensemble, du respect de la dignité humaine, quelles que soient les conditions sociales ou matérielles.

Choisir la paix : une exigence évangélique

Célébrer Noël sans un engagement réel en faveur de la paix et de la justice serait, comme l’a souligné le Cardinal Ambongo, trahir le sens même de Noël.

Choisir la paix implique :

le rejet de toute logique de violence et de guerre,

le refus des discours de division et d’exclusion,

la promotion du dialogue, de la justice et de la vérité,

Une solidarité active avec les plus vulnérables.

Noël n’est pas la fête de la mort, Noël est la fête de la vie. En contemplant l’Enfant Jésus, nous pensons aux nombreux enfants de notre pays privés d’éducation, victimes des conflits, exposés à l’exploitation et à la misère. Protéger l’Enfant de Bethléem, c’est protéger chaque enfant, garantir son droit à la vie, à la sécurité, à l’éducation et à l’amour.

Un appel à tous

Aux acteurs sociaux et politiques, aux familles, aux communautés chrétiennes,

à chaque citoyen et citoyenne, l’appel est clair et pressant :

Choisissez la paix, cessez les guerres.

Croire en la Nativité de Jésus, c’est croire qu’un ordre nouveau est possible, fondé sur la justice, la fraternité et le respect de la dignité humaine.

Que le Christ Emmanuel, Prince de la Paix, né dans la pauvreté d’une crèche, demeure dans nos cœurs et fasse de nous des artisans de paix, de justice et de vivre-ensemble harmonieux, a-t-il conclu avant de recourir à l’intercession de la Vierge Marie, Mère de l’Emmanuel,  pour notre pays, afin que la lumière de Bethléem éclaire enfin les chemins de notre nation.

Agence DIACENCO