Le chargé de Recherche et animation de Justice et Paix, Région de Bruxelles (Belgique) Patrick Balemba Batumika, en appelle à un sursaut moral pour soutenir des dynamiques locales de paix enracinées dans la région des Grands Lacs, à travers une réflexion parvenue dimanche 28 décembre 2025, à la rédaction de l’Agence de presse catholique DIA-CENCO.
Dans son document, Patrick Balemba rappelle que « Face à l’instabilité persistante en République démocratique du Congo et dans la région des Grands Lacs, les Églises (CENCO et ECC) et les diasporas s’unissent depuis près d’une année pour proposer un « pacte social pour la paix » fondé sur le dialogue, la réconciliation et l’écoute de toutes et tous.
Leur action, souligne-t-il, montre que la paix se construit avec les populations et non uniquement à travers des accords entre puissances ou gouvernements.
Patrick Balemba soutient que les diasporas, notamment en Belgique, jouent un rôle essentiel pour relayer, sensibiliser et mobiliser en faveur de la paix. Ce qui justifie leur appel urgent à la paix consistant notamment à interpeller les décideurs, à écouter les voix des communautés, et à s’engager résolument à bâtir ensemble une paix durable, inclusive et juste pour toutes et tous.
Parce que la paix, dit-il, ne se décrète pas à distance : elle se construit avec chacun et chacune d’entre nous.
En 2025, la CENCO et l’ECC, convient-il de savoir, ont uni leurs réseaux et leur autorité morale pour proposer un « pacte social » : dialoguer avec toutes les parties en conflit, mobiliser la société civile et les diasporas, afin de sortir la RDC du cycle des violences qui déstabilise toute la région.
En tant que piliers incontournables d’une paix durable dans la région des Grands Lacs, et face à l’enlisement des conflits armés dans cette partie du continent, les Églises et les diasporas apparaissent plus que jamais comme des acteurs essentiels de la construction d’une paix durable.
Alors qu’en 2025, la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) et l’Église du Christ au Congo (ECC) lançaient une initiative majeure : un « Pacte social pour la paix », fondé sur le dialogue inclusif, la réconciliation et la mobilisation citoyenne, plusieurs autres initiatives, salvatrices également, prenaient forme dans la région et à l’international.
Alors que les processus diplomatiques classiques (Nairobi, Luanda, EAC, CIRGL) peinent à produire, à ces jours, des résultats durables, les Églises proposent une médiation morale et spirituelle enracinée dans la société congolaise. Fortes de leur crédibilité historique et de leur proximité avec les populations, elles dialoguent avec toutes les parties, y compris les groupes armés, pour replacer l’humain, la justice et le vivre-ensemble au cœur des efforts de paix.
Cette approche contraste avec les initiatives internationales portées notamment par Doha et Washington, souvent axées sur la désescalade rapide et la stabilité géopolitique. Si ces démarches peuvent réduire temporairement les violences, elles tendent à ignorer les causes structurelles du conflit : gouvernance des ressources, impunité, traumatismes collectifs et participation des populations. Une paix durable ne peut se limiter à un équilibre sécuritaire ou économique.
Dans ce contexte, affirme Patrick Balemba Batumika, les diasporas congolaises, rwandaises et burundaises, notamment en Belgique, jouent un rôle stratégique. Par leur double ancrage, elles contribuent à la diplomatie citoyenne, à la sensibilisation de l’opinion publique et au plaidoyer politique.
Loin d’être de simples spectatrices, elles peuvent devenir des actrices clés de médiation, de co-développement et de construction de récits de paix, à condition d’être reconnues et associées aux processus. Et de rassurer ; la Belgique, quant à elle, dispose d’une expertise historique et d’un lien particulier avec la région. Toutefois, sa prudence diplomatique risque de limiter son impact.
Pour lui, un engagement plus clair, fondé sur la justice, la mémoire et les droits humains, permettrait de soutenir efficacement les dynamiques locales portées par les Églises et la société civile.
En définitive, conclut-il, la paix dans les Grands Lacs ne se décrète pas depuis les chancelleries. Elle se construit avec les populations, dans le temps long, à travers la justice, la responsabilité et la participation citoyenne. Le pacte social porté par la CENCO et l’ECC, soutenu par les diasporas, rappelle avec force que sans conscience morale, dialogue inclusif et engagement citoyen, aucune paix durable n’est possible.
Agence de presse catholique DIA-CENCO
Source: Patrick Balemba Batumika, Justice et Paix/Bruxelles
