L’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture ( UNESCO) a présenté, le vendredi 17 octobre dernier, les trois derniers volumes de son monument historique : l’ »Histoire générale de l’Afrique », un projet scientifique et culturel colossal lancé il y a 60 ans pour raconter l’histoire du continent du point de vue africain.
Initiée en 1964, peu après l’accession à l’indépendance de la majorité des pays africains, cette entreprise ambitieuse de l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) visait à corriger les récits biaisés hérités de la colonisation, qui niaient souvent la profondeur et la richesse de l’histoire africaine.
« Le visage de l’Afrique est depuis trop longtemps dissimulé au monde par toutes sortes de mythes et de préjugés », écrivait déjà en 1979 Amadou Mahtar M’Bow, alors directeur général de l’UNESCO. Cette citation, restée emblématique, résume la philosophie du projet : redonner à l’Afrique la maîtrise de sa mémoire collective.
Plusieurs centaines de spécialistes, issus de toutes les régions du monde, ont participé à la rédaction des huit premiers volumes sous la supervision d’un Comité scientifique international de trente membres, dont les deux tiers étaient africains.
Ces volumes, finalisés dans les années 1990, retracent l’histoire du continent depuis la préhistoire — rebaptisée aujourd’hui « histoire initiale » — jusqu’à la période contemporaine. Les chercheurs ont mobilisé non seulement les sources écrites et archéologiques, mais aussi les traditions orales africaines, véritables piliers de la transmission historique du continent.
Avec la publication des trois derniers volumes en 2025, l’UNESCO clôt un cycle historique tout en ouvrant une ère nouvelle : celle d’une histoire universelle repensée depuis l’Afrique. L’objectif est de permettre aux nouvelles générations, aux chercheurs et aux éducateurs de disposer d’une référence scientifique africaine pour enseigner et comprendre le passé du continent à partir de ses propres repères.
L’ »Histoire générale de l’Afrique » marque ainsi une victoire culturelle et symbolique majeure : l’Afrique ne se raconte plus à travers le regard des autres, mais à travers ses propres voix, ses langues, ses traditions et ses mémoires
Agence DIA-CENCO.
Source: site unesco.org
