Troisième Dimanche du temps de l’Avent/ Année A

Aimée MUSENGA
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(1ere lect.: Is.35, 1-10; Ps. 145 (146); 2eme lect.: Jc 5, 7-10; Evang. Mt 11,2-11)

Le texte de ce dimanche invite chacun à revivre la joie messianique en attendant la venue du Seigneur, à l’image de ce cultivateur qui attend le fruit de sa semence. Demandons au Seigneur la grâce d’une joie profonde, une joie qui trouve sa consolation intérieure dans l’attente et l’accueil du Sauveur.

Dans la première lecture, Isaïe s’adresse à un peuple qui a souffert pendant quarante ans en exil sur une terre étrangère, puis a été libéré et est retourné chez lui. Notre monde traverse actuellement une période d’exil marquée par des crises multiformes liées à l’insécurité alimentaire, au changement climatique, aux guerres, à la sécularisation et aux migrations de masse. Face à cette tragédie, le Seigneur veut faire de chacun de nous un « Isaïe », porteur du message de joie et d’espérance messianique.

Dans la deuxième lecture, saint Jacques nous invite à la patience en nous présentant la figure du cultivateur. Celui-ci sème et attend patiemment l’heure de la moisson. Notre vie doit être marquée par la patience, fruit d’une écoute profonde, tout en révisant ce qui reste à ajuster pour nous préparer à cette rencontre définitive avec le Sauveur.

Dans l’Évangile, nous apprenons que les nouvelles de Jésus parviennent à Jean-Baptiste jusqu’en prison, où il est emprisonné puis décapité par Antipas.  Jean était sans doute déconcerté, tout comme ses contemporains qui attendaient un Messie vigoureux qui s’imposerait avec force. Pour dissiper ses doutes, le précurseur envoie deux de ses disciples interroger Jésus sur son identité : « Es-tu celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre ? » Jésus leur répondit : « Allez annoncer à Jean ce que vous avez vu et entendu : les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent, et la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres. » Mes bien-aimés, pour connaître Jésus, il ne suffit pas de professer la foi; il faut voir avec qui il se mêle et ce qu’il fait : soulager la souffrance, soigner la vie et ouvrir l’horizon de l’espérance aux pauvres. Jésus sait que sa réponse peut décevoir ceux qui rêvent d’un Messie puissant. Cependant, mes bien-aimés, que personne n’invente un autre Christ à son gré, mais qu’il se mette au service des malades, des pauvres et des miséreux afin que chacun retrouve une vie digne et joyeuse, jusqu’à sa plénitude. Peut-être une occasion pour chacun de se demander : Quel Messie suivons-nous, nous chrétiens ? Nous consacrons-nous à accomplir les œuvres que Jésus a accomplies ? Et comment réagissons-nous face à la souffrance d’autrui ? Qu’est-ce que les gens voient dans nos vies ? Qu’entendent-ils à travers nos paroles ? Mes bien-aimés, les premiers signes annonciateurs du Royaume sont les gestes d’attention envers les pauvres et les malheureux, qui sont plus importants que l’annonce par la parole. Alors, une mission n’est donc pas une mission de Dieu et de son Église, si elle n’est pas accompagnée d’œuvres de miséricorde, qui placent les plus faibles de la société au premier plan. Le chrétien est celui qui a rencontré la Personne qui donne la vie et la vraie joie, et qui à son tour transmet cette joie à ses frères et sœurs, afin que personne ne soit exclu de la joie messianique. Dans notre contexte contemporain dominé par le culte de l’image de soi « narcissisme », soyons ces prophètes courageux qui annoncent la vraie joie, l’espérance et la confiance en ce Dieu qui vient libérer son peuple.  Telle est la tâche que le Seigneur nous confie aujourd’hui : prendre soin de notre jardin intérieur tout en veillant sur les autres, notamment sur les plus faibles de la société que le Seigneur a mis à nos côtés.

Demandons au Seigneur la grâce d’accueillir humblement le Messie à travers nos frères et sœurs, et de devenir ainsi une source de paix et de joie pour ceux qui nous entourent.  Amen !

John Munganga, SJ

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