Synode : Un rapport appelle à ouvrir l’Église aux talents des femmes, figures quelquefois oubliées.

Aimée MUSENGA
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« Imaginer une Église où les femmes ne sont plus reléguées aux rôles secondaires, mais portent pleinement la mission évangélique ». C’est l’appel  lancé par le rapport final du groupe d’étude n°5, remis ce mardi 10 mars au Secrétariat général du Synode sur la synodalité, lancé par le pape François. Coordonné par le dicastère pour la Doctrine de la Foi, ce groupe a écouté pendant des mois conférences épiscopales, universités et experts. Rendu public le 10 mars 2026 sur décision du pape Léon XIV, le document tranche : « Il n’y a aucune raison théologique ou canonique qui empêche les femmes d’assumer des rôles de leadership. » Un vent de fraîcheur pour une institution en pleine réflexion. Les auteurs plongent dans l’histoire pour appuyer leur propos. Marie de Magdala, première témoin de la Résurrection ; Jeanne d’Arc, guerrière de la foi ; Hildegarde de Bingen, mystique et scientifique ; ou encore Francesca Cabrini, missionnaire infatigable, ces femmes ont marqué l’Église de leur empreinte, prouvant que leur engagement porte des fruits. Pourtant, le rapport ne cache pas les ombres. Beaucoup de femmes engagées se sentent frustrées : leurs charismes snobés, leur participation en baisse, les vocations religieuses féminines en chute libre. «Un malaise palpable dans les communautés», notent les experts, pointant du doigt cléricalisme et machisme qui creusent un fossé entre les structures et la vie quotidienne. Des pistes concrètes pour faire avancer le groupe propose de repenser les responsabilités : nouveaux ministères laïcs, implication accrue dans la pastorale et l’administration. Fini les images stéréotypées de Marie la « simple mère » qui place à la disciple active de la première communauté chrétienne. Il faut aussi purger le langage des prédications et documents officiels de tout sexisme latent.

Des signes d’espoir émergent déjà : la constitution Praedicate Evangelium ouvre les portes de la Curie romaine aux femmes compétentes, ordination ou pas. « C’est un signe des temps », insistent les auteurs. Un changement de regard s’impose pour que l’Église redynamise ce peuple de Dieu où chacun, femme ou homme, trouve sa place. Cet apport pourrait bien catalyser une révolution douce. Reste à voir si les évêques et fidèles sauront en faire une réalité.

DIA CENCO

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