Sud-Kivu : L’église appelle au calme face à la psychose et aux actes de justice liées à des folles rumeurs.

Aimée MUSENGA
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Dans un message rendu public par l’abbé Étienne-Marie Esube Batundji, Vicaire épiscopal pour la Zone pastorale de Fizi et curé de la paroisse Cœur Immaculé de Marie de Baraka, l’Église fait état d’une psychose née de rumeurs faisant croire à des disparitions d’organes génitaux après de simples contacts physiques.

Selon les informations relayées localement, ce phénomène, qui aurait été signalé auparavant à Kalemie avant de s’étendre vers Misisi puis Baraka, a provoqué une vive tension au sein de la population. À Baraka, deux jeunes hommes d’environ 18 ans ont été accusés puis violemment lynchés et brûlés vifs par une foule en colère. Un autre cas est évoqué à Misisi, dans un climat de peur généralisée.

Au-delà des rumeurs elles-mêmes, l’Église catholique s’inquiète surtout des actes de justice populaire et des violences qui en ont résulté. Elle souligne le risque élevé de manipulations, de règlements de comptes et de conflits intercommunautaires si la situation n’est pas rapidement maîtrisée.

Citant Sébastien-Joseph Muyengo Mulombe, évêque d’Uvira, le message met en garde contre toute forme de manipulation des consciences et appelle à la lucidité, à la retenue et au respect de la dignité humaine. L’Église exhorte les fidèles, en particulier les jeunes, à ne pas céder à la panique ni à se faire justice eux-mêmes.

La Zone pastorale de Fizi en appelle également à la responsabilité des autorités civiles, politiques, militaires et sécuritaires afin que toute la lumière soit faite sur ces allégations et que des mesures urgentes soient prises pour protéger les populations et restaurer l’ordre public.

En ce temps de Carême, l’Église invite les fidèles à intensifier la prière et la pénitence pour implorer la miséricorde de Dieu pour les victimes et la paix pour les communautés affectées.

La Conférence Épiscopale est ainsi interpellée par cette situation qui met à l’épreuve la cohésion sociale et rappelle l’urgence d’une réponse concertée, fondée sur la vérité, la justice et le respect de la vie humaine.

Jérémie kuhima

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