À l’occasion du 1700ᵉ anniversaire du premier Concile de Nicée, une prière œcuménique s’est tenue ce vendredi sur les vestiges de la basilique Saint-Néophyte, à Iznik. Elle a réuni le Pape Léon XIV, le patriarche œcuménique de Constantinople Bartholomée Ier, ainsi que les patriarches et représentants des principales Églises chrétiennes.
Organisé à l’initiative du patriarcat œcuménique, le rassemblement a vu les chefs d’Églises et les délégués des communautés chrétiennes proclamer ensemble le Credo de Nicée-Constantinople, sans le Filioque, sur le lieu même où il fut formulé en 325. Participaient notamment les patriarches syriaque orthodoxe d’Antioche, copte orthodoxe d’Alexandrie, grec orthodoxe de Jérusalem, grec orthodoxe d’Antioche, ainsi que des représentants de l’Église apostolique arménienne. Le monde protestant était également présent à travers la Communion anglicane, la Fédération luthérienne mondiale, l’Alliance évangélique mondiale et la Conférence mennonite mondiale.
Dans son allocution de bienvenue, le patriarche Bartholomée Ier a rappelé que cette commémoration ne se limitait pas à un regard vers le passé, mais visait à « témoigner de la même foi que celle exprimée par les Pères de Nicée ». Il a souligné l’importance de revenir à cette source commune pour avancer dans la fidélité au message chrétien.
Le Pape Léon XIV, s’exprimant en anglais après la lecture de l’Évangile selon saint Jean, a invité les chrétiens à se demander : « Qui est Jésus-Christ dans la vie des femmes et des hommes d’aujourd’hui ? » Il a mis en garde contre toute réduction du Christ à une figure simplement charismatique, rappelant l’enjeu de Nicée : la confession de la divinité du Christ et de l’Incarnation, fondement de la foi chrétienne.
Le Saint-Père a affirmé que la profession de foi christologique demeure essentielle sur le chemin de la pleine communion entre les Églises. Rappelant l’enseignement de saint Augustin, il a souligné que les chrétiens, bien que nombreux, « sont un dans le Christ unique ». Il a encouragé les Églises à dépasser le scandale des divisions et à nourrir le désir d’unité pour offrir un témoignage crédible de l’Évangile.
Élargissant son appel, le Pape a rappelé que la quête de l’unité entre les chrétiens va de pair avec la fraternité entre tous les êtres humains. « On ne peut invoquer Dieu comme Père sans reconnaître en chaque personne un frère ou une sœur », a-t-il affirmé, insistant sur la responsabilité des religions à promouvoir cette fraternité.
L’Évêque de Rome a exhorté au rejet de toute instrumentalisation de la religion au service de la violence, du fondamentalisme ou du fanatisme, appelant à privilégier les voies du dialogue, de la rencontre et de la collaboration. Il a conclu en invoquant la bénédiction de Dieu afin que cet anniversaire porte des « fruits abondants de réconciliation, d’unité et de paix ».
Agence DIA CENCO
