Dans un discours dense de huit pages, prononcé à l’Université catholique d’Afrique centrale (Ucac), vendredi 17 avril, au troisième jour de son voyage apostolique au Cameroun, le Pape a exhorté les étudiants et enseignants à faire de leur institution un lieu vivant de recherche de la vérité, de formation des consciences et de résistance aux dérives actuelles, notamment face aux défis du numérique et de l’intelligence artificielle.
Face aux défis du numérique et de l’intelligence artificielle, le Successeur de Pierre a mis en garde contre les effets d’une numérisation croissante des sociétés, en particulier en Afrique, où les enjeux économiques et environnementaux sont déjà sensibles, alertant sur le risque d’un «remplacement progressif de la réalité par sa simulation». Dans des environnements numériques conçus pour capter l’attention et influencer les comportements, la relation humaine pourrait être réduite à une simple interaction fonctionnelle.
«Lorsque la simulation devient la norme, la capacité humaine de discernement est diminuée […] la réalité devient facultative et l’humain gouvernable par des systèmes invisibles», a-t-il averti. Face à cette transformation, il a appelé à une formation humaniste solide, capable de décrypter les logiques économiques et les rapports de pouvoir intégrés dans ces technologies.
Aucune société ne peut prospérer sans «des consciences droites, éduquées à la vérité». L’Université catholique est ainsi invitée à former non seulement des professionnels compétents, mais aussi des citoyens responsables. La devise de l’Ucac, “Au service de la vérité et de la justice”, «rappelle que la conscience humaine, comprise comme sanctuaire intérieur où les hommes et les femmes se découvrent interpellés par la voix de Dieu, est le terrain sur lequel il convient de poser les bases solides et durables de toute société», a soutenu le Pape
Agence DIACENCO
Source: Diocèse de Bunia
