Le pape Léоn XIV vient de publier sa tоute première encyclique, qui pоurrait bien être l’un des dоcuments ecclésiastiques les plus significatifs de nоtre épоque․ Intitulée Magnifica Humanitas, elle traite de l’intelligence artificielle, de la dignité humaine, des téléphоnes pоrtables chez les enfants, des armes autоnоmes, du dооmscrоlling, du mystère de l’âme humaine, et explique pоurquоi aucune machine ne pоurra jamais avоir le dernier mоt sur ce que signifie être une persоnne créée à l’image de Dieu․ Le texte cоmplet est dispоnible en téléchargement ici, et mérite vraiment d’être lu․ Pоur un aperçu rapide, vоici 15 citatiоns marquantes extraites de cette encyclique :
« Jamais l’humanité n’a eu un tel pouvoir sur elle-même. » (par. 4)
« Dans la pratique, cependant, la technologie n’est jamais neutre, car elle prend les caractéristiques de ceux qui la conçoivent, la financent, la réglementent et l’utilisent. Par conséquent, le choix premier n’est pas entre un « oui » ou un « non » à la technologie, mais plutôt entre construire Babel ou reconstruire Jérusalem ; entre un pouvoir qui prétend dominer les cieux et un peuple qui travaille ensemble en présence de Dieu pour reconstruire les murs de la coexistence fraternelle. » (par. 9)
« À l’ère de l’intelligence artificielle, alors que la dignité humaine est menacée par de nouvelles formes de déshumanisation, nous avons le devoir impérieux de rester profondément humains. Nous devons sauvegarder avec amour la grandeur de l’humanité qui nous a été donnée et qui se révèle dans sa plénitude en Christ, dont aucune machine ne pourra jamais remplacer la splendeur. » (par. 15)
« Ainsi, les “pierres rejetées” — les pauvres, les malades, les migrants et les plus petits d’entre nous — deviendront la pierre angulaire, et une maison commune solide et accueillante verra le jour sur la terre, où l’amour et la fidélité se rencontreront enfin, et où la justice et la paix s’étreindront (cf. Ps 85, 10). » (par. 16)
« La dignité humaine ne dépend pas des capacités, de la richesse ou de la position sociale d’une personne, ni des choix justes ou erronés qu’elle a faits ; c’est au contraire un don qui précède et transcende chaque personne, accordé par Dieu comme expression de son amour indéfectible. » (par. 50)
« Parmi ces idéologies, je considère comme particulièrement insidieuse celle qui suggère que chaque personne doit mériter ou justifier sa propre valeur, au point d’attribuer une plus grande valeur à ceux qui sont plus efficaces ou performants. » (par. 51)
« Aucun péché, aucun échec, aucune humiliation ni aucune exclusion ne peuvent diminuer la valeur profonde d’une vie humaine que Dieu a voulue et appelée à l’existence. » (par. 52)
« La solidarité exige que les décisions concernant les données, les algorithmes, les plateformes et l’intelligence artificielle tiennent compte non seulement du bénéfice immédiat pour quelques-uns, mais aussi de l’impact sur tous les peuples et sur les générations futures. » (par. 76)
« Pour un algorithme, une erreur est un défaut à corriger ; pour une personne, en revanche, une erreur peut être le catalyseur d’un changement profond. L’avenir d’une personne n’est pas calculable, mais dépend de sa liberté — élevée par la grâce inépuisable de Dieu — et des relations qu’elle cultive. » (par. 128)
« Posséder un appareil mobile personnel à un âge trop précoce et l’utiliser sans la supervision d’un adulte peut exacerber les vulnérabilités des jeunes, favoriser la dépendance et les exposer à l’isolement, au harcèlement et au cyberharcèlement, ainsi qu’à des pressions pour partager des images intimes ou des informations sensibles. » (par. 141)
« Même dans les nuits les plus sombres, le Seigneur suscite des hommes et des femmes qui refusent d’abandonner, qui persévèrent dans le bien, qui protègent les plus vulnérables et ouvrent des voies vers la réconciliation. La mémoire des saints, des justes et des artisans de paix souvent oubliés nous montre que la grâce n’élimine pas comme par magie les conflits, mais qu’elle inspire au contraire une résistance active au mal et une créativité étonnante dans l’accomplissement du bien. » (par. 211)
« La civilisation de l’amour ne naîtra pas d’un geste unique ou spectaculaire, mais de la somme de petits actes de fidélité, constants, qui servent de rempart contre la déshumanisation. » (par. 213)
« “Désarmons les mots et nous contribuerons à désarmer le monde.” Les mots ont un pouvoir énorme, ce dont nous faisons l’expérience dans nos interactions quotidiennes ; par exemple, les paroles prononcées peuvent changer notre humeur pour le meilleur ou pour le pire. » (par. 214)
« Aucun système informatique, aussi sophistiqué soit-il, ne peut créer un cœur qui se donne, ni une conscience qui discerne le bien du mal. Même lorsque les machines excellent en efficacité, un visage humain qui demande à être regardé reste au centre de notre histoire. Ce visage humain est la plénitude vers laquelle l’histoire se dirige. » (par. 233)
« Restons fidèles à la vérité ! Vivant au milieu d’un flux incessant d’informations, d’opinions et d’images, nous savons combien il peut être facile d’influencer les décisions et les préférences par le biais d’algorithmes de plus en plus sophistiqués. Dans ce contexte, il est impératif de cultiver des cœurs qui aiment la vérité, préfèrent ce qui est juste malgré les contenus les plus attrayants et recherchent la sagesse plutôt que des résultats immédiats. » (par. 237)
DIACENCO
