OIF : Kinshasa plaide pour l’alternance et une « Francophonie des peuples »

Aimée MUSENGA
3 Min Read

Les autorités congolaises affirment ne pas s’inscrire dans une logique d’affrontement, mais proposer un projet, une vision et une personnalité capables de rassembler largement, en mettant en avant le poids démographique de la RDC, présentée comme le plus grand pays francophone par la population, dont près de 60 % ont moins de 20 ans et environ 70 % moins de 35 ans selon les projections.

Face à une candidate sortante soutenue notamment par Kigali et d’autres États, la RDC dit respecter son droit à briguer un nouveau mandat tout en estimant qu’un renouvellement serait cohérent avec les valeurs démocratiques promues par l’OIF. Des consultations discrètes ont été engagées avec les États membres ainsi qu’avec les institutions partenaires reconnues par la Charte, notamment l’Association internationale des maires francophones (AIMF), l’Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF), l’Agence universitaire de la Francophonie (AUF), la Conférence des ministres de l’Éducation des États et Gouvernement de la Francophonie (CONFEMEN) et la Conférence des ministres de la Jeunesse et des Sports de la Francophonie (CONFEJES), afin de bâtir un consensus autour d’une Francophonie « utile, crédible et respectée ».

Cette candidature s’inscrit dans un repositionnement diplomatique plus large de la RDC qui entend prendre toute sa place au sein de l’espace francophone, sans importer ses différends bilatéraux dans la gouvernance de l’OIF.

Dans un contexte de crise sécuritaire persistante à l’Est, Kinshasa veut porter une voix forte sur la paix, la souveraineté, la lutte contre les groupes armés et le respect du droit international, estimant qu’une Francophonie forte et impartiale peut contribuer à l’apaisement des tensions régionales.

Sur le fond, la RDC plaide pour un recentrage sur les fondamentaux de la Charte démocratie, paix et proximité avec les peuples  avec plus de transparence, un rôle accru des États membres et une meilleure articulation avec les opérateurs. Elle souhaite une emphase particulière sur la jeunesse, la formation, l’emploi, la mobilité, le numérique, l’innovation, la prévention des conflits, le soutien aux pays en crise, l’égalité femmes-hommes et la lutte contre les discriminations, tout en respectant le calendrier fixé par l’OIF pour déposer un dossier « complet, solide et consensuel » avant le Sommet du Cambodge.

Agence DIA CENCO

TAGGED:
Share This Article