décembre 12, 2025
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Société

Nord-Kivu/SANTÉ : Plus de 2,1 millions d’enfants ciblés par la campagne de vaccination contre la poliomyélite (11–13 décembre 2025)

La province du Nord-Kivu a procédé, ce jeudi 11 décembre 2025 à Goma, au lancement officiel de la deuxième phase de la campagne de vaccination contre la poliomyélite. Cette initiative d’envergure vise à protéger plus de 2 119 000 enfants âgés de 0 à 59 mois. La cérémonie, présidée par le Vice-Gouverneur Willy Manzi, s’est déroulée en présence de plusieurs autorités sanitaires, administratives et coutumières, ainsi que du représentant de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), venu rappeler l’importance de cet engagement sanitaire pour l’avenir de la province.

Une mobilisation qui s’intensifie pour protéger une génération

Dans son allocution, le Vice-Gouverneur a d’abord rappelé que la poliomyélite demeure une maladie dangereuse, invalidante et parfois mortelle. Il a ensuite souligné que les progrès réalisés dans sa prévention ne sont possibles que grâce à la combinaison d’une volonté politique claire, d’un appui constant des partenaires techniques et financiers, d’un engagement remarquable des équipes sanitaires et, enfin, d’une adhésion de plus en plus forte de la population.

Ainsi, selon lui, chaque campagne devient une étape décisive vers la protection d’une génération entière.

Le Vice-Gouverneur a insisté sur le fait que cette vaccination représente une responsabilité collective. Il a affirmé que, dans un contexte marqué par les crises, les enfants ne doivent en aucun cas être victimes d’un manque d’information ou de mobilisation. C’est pourquoi il a réitéré que la vaccination reste totalement gratuite et que tous les enfants de moins de cinq ans doivent recevoir ces gouttes protectrices, sans distinction et sans condition.

L’OMS réaffirme son soutien à une province en première ligne

Pour sa part, le représentant de l’OMS a rappelé que la poliomyélite profite souvent des difficultés sanitaires, des déplacements de population, ainsi que des zones difficilement accessibles. Selon lui, maintenir des campagnes régulières dans une province comme le Nord-Kivu constitue non seulement une opération de santé publique, mais également un acte d’espoir, de protection et de justice sanitaire.

Il a déclaré que l’OMS restera engagée tant que chaque enfant ne sera pas protégé, tout en saluant les efforts de la province et en soulignant l’importance de la stratégie porte-à-porte, particulièrement adaptée au contexte local.

Une stratégie porte-à-porte pour atteindre chaque foyer

Du 11 au 13 décembre 2025, les vaccinateurs se déplaceront dans chaque quartier, chaque avenue, chaque village et chaque localité, afin de s’assurer qu’aucun enfant ne soit oublié. Ainsi, ce sont les équipes de vaccination qui viendront à la rencontre des familles, permettant même aux parents qui ne peuvent pas se déplacer de bénéficier de ce service essentiel.

De ce fait, la participation de la population devient primordiale. Accueillir les équipes, faciliter leur passage et présenter les enfants éligibles constituent des gestes simples mais décisifs.

Des parents qui s’impliquent avec conviction : paroles de deux mamans

Au cœur de cette campagne, l’engagement des parents se renforce visiblement. Plusieurs mamans rencontrées sur place ont témoigné de leur volonté de protéger leurs enfants.

Ainsi, Madame Furaha, âgée de 27 ans et mère de trois enfants, a déclaré qu’elle-même avait été vaccinée lorsqu’elle était petite. Selon elle, présenter ses enfants sans hésitation aux vaccinateurs est non seulement un devoir de parent, mais aussi un acte d’amour. Elle a expliqué qu’elle voulait que ses enfants grandissent sans craindre un handicap qui aurait pu être évité.

De son côté, Madame Kavira, mère d’un bébé de onze mois, a affirmé que les familles vivent de nombreuses incertitudes liées aux déplacements, aux maladies et parfois aux difficultés économiques. Toutefois, elle a ajouté qu’un vaccin capable de sauver la vie d’un enfant ne devrait jamais être refusé. Elle encourage d’ailleurs toutes les mamans de son quartier à ouvrir leurs portes lorsque les équipes de vaccination arrivent.

Ces témoignages montrent à quel point la sensibilisation et la confiance progressent dans les communautés.

Un conseiller provincial témoigne : « La polio a brisé mes rêves »

Un moment particulièrement émouvant a marqué la cérémonie : l’intervention d’un conseiller provincial en situation de handicap, lui-même victime de la poliomyélite lorsqu’il était enfant.

Il a expliqué qu’à l’époque, dans son village, aucune sensibilisation n’avait été faite et que la vaccination n’était pas arrivée jusqu’à sa famille. En conséquence, il n’a jamais pu marcher comme les autres, ce qui a profondément bouleversé son parcours de vie.

Selon ses mots :

« Je suis la preuve vivante de ce que la polio peut détruire. C’est pourquoi je demande à toutes les familles d’ouvrir leurs portes, de présenter leurs enfants, et de ne jamais se laisser tromper par la désinformation. Le handicap peut être évité, mais la polio, elle, ne pardonne pas. »

Son témoignage a renforcé l’importance du geste que chaque parent doit poser durant ces trois jours de campagne.

Une mobilisation générale appelée à s’intensifier

Dans l’ensemble, les autorités provinciales appellent chacun à jouer son rôle. Elles invitent les chefs coutumiers et administratifs à renforcer la mobilisation au sein de leurs communautés, les leaders religieux à encourager leurs fidèles, et les médias locaux à relayer largement les informations utiles et fiables.

Ainsi, en unissant leurs efforts, les différents acteurs peuvent garantir une campagne efficace et lutter contre toute forme de désinformation.

Un engagement résolu pour un avenir plus sain

La lutte contre la poliomyélite au Nord-Kivu reste un défi majeur de santé publique. Toutefois, grâce à la détermination des autorités, au soutien de l’OMS, à l’implication des équipes sanitaires et à la participation croissante des familles, la province progresse vers un avenir plus sain. En protégeant les enfants d’aujourd’hui, le Nord-Kivu protège la génération de demain.

La Rédaction.

J-Rostand VUSANGI M, Correspondant DIA CENCO depuis Goma.