décembre 2, 2025
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Société

MONUSCO : Bintou Keita quitte définitivement la RDC

Après près de cinq années à la tête de la MONUSCO, Bintou Keita a quitté la République démocratique du Congo, dimanche le 30 novembre 2025, mettant fin à l’un des mandats les plus intenses, exigeants et déterminants de l’histoire récente de la mission onusienne.

Son départ, avancé de plusieurs mois et qualifié de « décision personnelle » par l’ONU, ouvre une nouvelle étape alors que la transition de la mission se poursuit.

Arrivée en février 2021, Bintou Keita a dirigé la MONUSCO dans un contexte parmi les plus complexes au monde : résurgence du M23, pressions politiques, défiance populaire, retrait progressif demandé par le gouvernement congolais, catastrophes naturelles et crises humanitaires successives.

 Diplomate chevronnée, forte de trois décennies d’expérience, elle a affronté ces défis avec une approche directe, humanitaire et profondément ancrée dans la protection des civils.

Dès le début de son mandat, l’éruption du Nyiragongo a posé un premier test majeur. Sous sa coordination, plus de 3 000 employés et leurs familles ont été relocalisés, les axes dégagés, l’eau rétablie et la surveillance volcanique renforcée. Pour elle, « la vie avant tout » n’était pas un slogan, mais une ligne de conduite.

Face à l’avancée du M23, elle a assumé des décisions difficiles : présence sur le terrain, évacuations critiques, dialogue ponctuel avec les rebelles, tout en dénonçant clairement les responsabilités régionales dans la crise. Sa franchise lui a valu autant de respect que d’hostilité, notamment du Rwanda et des groupes armés, mais elle est restée fidèle au mandat de protection.

Sous son impulsion, la MONUSCO s’est retirée du Kasaï, du Tanganyika et du Sud-Kivu, ouvrant la voie à un redéploiement plus cohérent. Elle l’a rappelé : « Le départ de la MONUSCO ne signifie pas le départ de l’ONU ». Cette vision graduelle a guidé la transition conjointe signée en 2021, avec transfert d’équipements et responsabilisation accrue des autorités locales.

Bintou Keita a également combattu la désinformation, les discours de haine et les violences contre les Casques bleus. Elle a répondu avec la même fermeté à leurs attaques qu’aux violences visant les civils, rappelant que la sécurité de la population et celle du personnel de l’ONU sont indissociables.

Son mandat a été marqué par une attention particulière aux femmes, aux enfants et aux dynamiques communautaires. Elle a fait de l’inclusion, de la prévention et de la dignité humaine des priorités transversales, donnant à la mission une dimension plus sociale et humaine que strictement sécuritaire.

Les observateurs avertis notent qu’alors qu’elle entame une nouvelle étape vers la retraite, la MONUSCO passe en gestion intérimaire avant la nomination de son successeur. Mais Bintou Keita laisse derrière elle l’empreinte d’un leadership résolu, d’une présence constante sur le terrain et d’une conviction profonde : la paix durable repose autant sur la protection que sur la reconstruction de la confiance.

Bertin k

Agence DIA CENCO

Informations tirées du site de la MONUSCO et RFI.fr