1ère lecture Isaïe 66, 18-21 ; 2ème lecture He.12, 5-7.11-13 ; Évangile Luc 13, 20-30.)
Les textes de ce dimanche nous invitent à faire un pas de plus sur le chemin de la foi. Demandons au Seigneur la grâce de reconnaître son amour, même au milieu des épreuves de notre existence.
Dans la première lecture, le prophète Isaïe pousse un cri d’espérance à l’attention des rapatriés d’exil : « Dieu veut rassembler toutes les nations et langues autour de lui. » Ces paroles de réconfort s’adressent à des croyants rescapés qui ont passé cinquante ans en terre étrangère, au milieu des païens. Ils comprennent que Dieu veut rassembler toutes les nations, car son amour est universel.
La deuxième lecture, l’épître aux Hébreux, s’adresse aux chrétiens de la fin du premier siècle, pour leur dire que si Dieu nous corrige certaines erreurs, c’est un signe de son amour pour nous. Nous ne devons pas douter de cet amour de Dieu, même dans les épreuves que nous traversons. L’essentiel est de ne jamais perdre de vue que Dieu est amour et qu’il nous aime tels que nous sommes, avec un seul projet : nous rassembler tous dans son royaume.
Dans l’Évangile, l’épisode commence par la scène où Jésus se rend à Jérusalem. En chemin, quelqu’un s’approche de lui pour lui demander : « Seigneur, est-ce un petit nombre qui sera sauvé ? Jésus élève alors le débat en s’adressant à ses contemporains juifs, qui se considèrent comme le peuple élu et estiment avoir droit aux meilleures places lors du banquet éternel. Il leur lance alors un cri d’alarme : « Je ne sais pas qui vous êtes ; vous tous qui commettez l’injustice, efforcez-vous d’entrer par la porte étroite. » Il ne s’agit donc pas de savoir combien seront sauvés, mais de trouver le chemin qui y conduit. En écrivant cet Évangile, Luc s’adresse à son tour à la communauté judéo-chrétienne en insistant sur l’ouverture des Juifs aux païens convertis : « Ce n’est pas parce que vous dites « chrétiens », que vous participez à des repas et écoutez des enseignements, que le salut est un droit pour vous. Ce n’est pas une question de statut, mais d’accueil de l’Évangile et de ses frères et sœurs. Telle est aussi une recommandation qui défie ceux qui réduisent leur foi à des gestes religieux apparents, sans conversion intérieure. Pour entrer par la porte, nous devons nous libérer de certaines prisons qui nous habitent et que nous considérons à tort comme une richesse, alors qu’elles éloignent notre cœur de la vraie conversion.
Mes bien-aimés, parler du Christ sans lui ressembler dans notre manière de vivre notre humanité, c’est être menteur, s’éloigner de lui et refuser d’entrer dans la porte de son royaume. Pour franchir cette porte dont parle l’Évangile et qui est ouverte à tous, il faut se faire petit. Prenons maintenant quelques instants pour réfléchir en silence aux choses qui nous en empêchent : mon orgueil, mon arrogance, mon autosuffisance, mon égoïsme et mon désir de dominer les autres. Puis, pensons à l’autre porte, celle qui nous attend de l’autre côté, grande ouverte, en signe d’opportunité à ne pas rater pour recevoir le pardon. Il s’agit là d’un exercice spirituel qui nous invite à l’humilité et nous pousse à œuvrer quotidiennement pour notre salut.
Demandons au Seigneur la grâce d’aller vers lui et de franchir la porte de la vie, afin de laisser une place importante au Christ dans notre existence. Amen!
John Munganga, sj
