Bien aimés dans le Seigneur ; salutation dans le Christ,
Aujourd’hui l’Église nous invite à célébrer la mémoire de Saint Pio de Pietrelcina, plus connu sous le nom de Padre Pio. Homme de prière intense, confesseur infatigable, porteur des stigmates du Christ, il nous laisse un témoignage frappant de la Passion du Seigneur vécue dans sa chair, mais aussi comme source de conversion, de miséricorde, et de réconciliation. C’est donc un jour favorable pour méditer ce que signifie « prendre sa croix » et « suivre Jésus » ‒ non dans une abstraction, mais dans la vie concrète de tous les jours, à la lumière de l’exemple de Padre Pio. Trois pistes de méditation nous sont proposées qui ont caractérisé ce grand saint :
I. Vivre par le Christ mort et ressuscité
Dans la première lecture, saint Paul nous dit : « Je vis, mais ce n’est plus moi, c’est le Christ qui vit en moi. » Padre Pio a incarné ces paroles dans sa vie. Par sa souffrance acceptée, par les souffrances physiques, morales, spirituelles, il ne cherchait pas la gloire personnelle, mais le mystère du Christ. Il a compris que la croix n’est pas un fardeau à refuser, mais une porte vers la ressemblance avec le Christ, vers la sanctification.
II. Le renoncement et suivre Jésus
L’évangile de Matthieu nous invite à un renoncement radical : « Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive. »
Padre Pio n’a pas refusé ce chemin. Renoncer à soi-même, c’est laisser derrière ses conforts, ses désirs égoïstes, ses envies de reconnaissance. Prendre sa croix, c’est accueillir les difficultés, la maladie, les incompréhensions ‒ tout ce qui pèse, mais qui, offert, devient prière, devient offrande. Et suivre Jésus, c’est marcher dans l’humilité, le service, la prière, la présence aux autres, spécialement aux plus petits, aux plus blessés.
III. La miséricorde et le ministère sacerdotal
Padre Pio a exercé le ministère de prêtre dans une fidélité extraordinaire : confessions longues, direction spirituelle, célébration de la messe avec don de soi. Il a été pour beaucoup un instrument de la miséricorde de Dieu.
Sa vie nous interpelle : comment dans notre communauté — dans notre vie à nous — pouvons‑nous manifester cette miséricorde ? Par le pardon, l’écoute, l’accueil, la patience, le soin des âmes. Parce que le prêtre comme chacun de nous est appelé à devenir « victime » dans le Christ, non pas dans le sens de chercher la souffrance, mais dans le sens de la rejoindre, de la vivre dans l’amour, pour le bien des autres. Que l’exemple de saint Padre Pio nous pousse à :
*Vivre chaque jour à la lumière de la foi, non selon nos désirs, mais selon la volonté de Dieu ;
* accepter les croix (les difficultés, les douleurs, les obstacles) non comme des obstacles mais comme des opportunités de croissance spirituelle ;
*être des témoins de l’amour miséricordieux du Christ autour de nous — dans nos familles, nos paroisses, nos œuvres.
Demandons à saint Padre Pio de nous obtenir cette grâce, qu’à son exemple, nous puissions vivre unis au Christ dans sa passion, dans sa résurrection ; et qu’un jour, par sa prière et son intercession, nous soyons conduits à la gloire de la résurrection.
Seigneur Dieu, par une grâce singulière, Tu as donné au prêtre saint Pio de participer à la Croix de Ton Fils et renouveler par son ministère les merveilles de Ta miséricorde ; accorde nous, par son intercession, d’être toujours unis à la Passion du Christ et de parvenir avec bonheur à la gloire de la résurrection. Par Jésus Christ, notre Seigneur.
Que Dieu nous y aide ; Amen
L ’Abbé Richard KHONDE NGOMA prêtre diocésain de Boma
Agence D.I.A CENCO
