novembre 20, 2025
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Afrique & Monde

Madagascar : L’Église catholique malgache s’engage à jouer un rôle de médiation pour faciliter la paix.

Depuis le 25 septembre, Madagascar est plongé dans une crise sociale majeure, marquée par des manifestations de jeunes, souvent réprimées avec une violence meurtrière. Dans ce contexte particulièrement tendu, l’appel à la paix lancé par le pape Léon XIV lors de l’audience générale du 1er octobre a trouvé un écho puissant auprès de Mgr Benjamin Ramaroson, archevêque d’Antsiranana. Dans un entretien accordé à Radio Vatican, il souligne l’importance cruciale du soutien spirituel du Saint-Père pour la population malgache.

Mgr Ramaroson a tout d’abord exprimé sa profonde gratitude envers le pape Léon XIV, estimant que son message incarne une véritable communion avec le peuple malgache. Selon lui, cette attention témoigne d’une proximité sincère du Saint-Père avec une nation meurtrie. Par ailleurs, alors que le pape invite en ce début octobre à la prière du chapelet pour la paix mondiale, le fait qu’il adresse une pensée spécifique à Madagascar illustre le lien fort qui unit cette nation à l’Église universelle.

L’archevêque met également en lumière la sollicitude particulière du pape envers une population blessée par la répression policière. Il insiste sur le fait que le Saint-Père est pleinement informé des réalités malgaches, ce qui renforce la portée et la sincérité de son soutien.

Concernant les causes des manifestations, Mgr Ramaroson rappelle qu’elles ont été déclenchées par des coupures d’électricité répétées. Il y voit l’expression d’une jeunesse légitimement en quête de ses droits fondamentaux. Il déplore cependant la répression disproportionnée qui a suivi, évoquant plusieurs morts, dont trois dans l’archidiocèse d’Antsiranana.

Face à cette situation, l’archevêque affirme que l’Église, fidèle à sa mission, appelle avec insistance à la réconciliation. Il souligne la nécessité urgente d’amener toutes les parties à se réunir autour d’une table pour engager un dialogue apaisé. Selon lui, ni les manifestations ni leur répression ne peuvent ouvrir la voie à un avenir serein pour Madagascar. Cette démarche s’inscrit pleinement dans l’année jubilaire de l’espérance, moment propice pour nourrir l’espoir d’une sortie pacifique de la crise.

Mgr Ramaroson rappelle également que la résolution durable de cette crise repose avant tout sur la volonté politique des responsables de répondre aux revendications légitimes des jeunes. « Celui qui détient le pouvoir doit faire un pas vers l’autre », insiste-t-il. Il se dit encouragé par la promesse du président malgache d’établir un espace de concertation, espérant que ce dispositif verra rapidement le jour.

L’archevêque souligne en outre que la violence ne saurait construire un pays. Pour lui, seule la paix, la stabilité et le dialogue permettront à Madagascar de rebâtir sa « maison commune ».

Enfin, l’Église malgache, par le biais de l’épiscopat et en collaboration avec le Conseil œcuménique des Églises, se tient prête à jouer un rôle de médiation. Mgr Ramaroson affirme que l’Église est disposée à être conciliatrice et médiatrice pour faciliter la paix, car la violence n’apporte aucune solution durable. Il rappelle que les jeunes aspirent légitimement à un avenir meilleur, et que le dialogue est la seule voie capable de les mener vers cet horizon.

Conscient des riches potentialités du pays, l’archevêque déplore toutefois que celles-ci ne profitent pas à tous, notamment en raison d’un manque de volonté politique. Il conclut en lançant un appel vibrant à tous les acteurs politiques et à la société malgache pour qu’ils œuvrent ensemble à offrir aux jeunes un avenir digne d’espérance.