novembre 20, 2025
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Louvain : une thèse doctorale explore la biologie végétale à travers la pensée de Hans Jonas

Le vendredi 26 septembre 2025, dans la Salle Polyvalente du Learning Center Christine de Pizan de l’Université de Louvain (Belgique), le père Joseph Baraka Bangana, missionnaire dominicain de l’Ordre des Prêcheurs, a soutenu avec succès sa thèse de doctorat en philosophie.

Intitulée « Le phénomène de la vie végétale à partir de Hans Jonas. Pour une biologie compréhensive », cette recherche a été dirigée par Nathalie Frogneux (UCLouvain) et évaluée par un jury composé d’Hervé Pourtois, Bernard Feltz (UCLouvain), Quentin Hiernaux (ULB) et Gérald Hess (Université de Lausanne).

La thèse propose une lecture herméneutique du vivant, envisagée sous deux angles : d’une part, comme processus d’interprétation par lequel l’être vivant  en particulier le végétal confère du sens à son environnement ; d’autre part, comme effort humain pour comprendre ces interprétations, dans un dialogue entre observation scientifique, analogie et perception empathique.

Cette approche s’appuie sur des notions clés telles que l’expression biosémiotique, la liberté en contexte contigu, l’autonomie antinomique, la complexité physiologique, le comportement, l’ancrage corporel de la cognition pratique, l’individualité processuelle, les interactions biologiques, la temporalité hétéronome, la spatialité coévolutive et la finalité propre.

Dans un contexte où la vie végétale, bien qu’omniprésente, reste largement impensée dans la tradition philosophique, cette recherche s’inscrit dans une dynamique interdisciplinaire visant à approfondir l’intériorité propre aux plantes. C’est à partir de cette problématique que s’articule le « tournant du végétal », axe central de la thèse.

Le travail du père Joseph Baraka poursuit plusieurs objectifs : interroger les notions au cœur des débats contemporains sur les plantes (sensibilité, sentience, comportement, mémoire, désir, perception, cognition, temporalité, coexistentialité, physiologie comparée, richesse en monde) ; analyser les plantes dans leur être et leur agir, indépendamment de leur instrumentalisation humaine ; interpréter la profondeur de l’altérité végétale pour mettre en lumière ce qui est commun au sein du vivant ; enfin, proposer une critique de l’exception humaine à partir du modèle végétal.

La thèse avance également des arguments en faveur de la pertinence actuelle de la pensée de Hans Jonas, face aux nouvelles orientations de la philosophie contemporaine. Inscrite dans une perspective phrénologique, elle offre une contribution originale aux débats sur l’ouverture trans-jonassienne de sa pensée, en interrogeant ses limites et ses prolongements. De la « plante-ressource » à « l’être végétal », elle cherche à sortir le végétal de son quasi-impensé ontologique et phénoménologique, en montrant comment les catégories biologiques mobilisées dans la théorie jonassienne du métabolisme ouvrent des perspectives inédites pour la réflexion philosophique.

Lors de la soutenance, le père Joseph Baraka a présenté un exposé d’une trentaine de minutes, dans un ton rassurant et agréable. Le jury, après avoir posé des questions pertinentes, a salué la qualité du travail et la clarté de la présentation. À l’unanimité, il a proclamé le père Joseph Baraka docteur en philosophie.

L’Église de la République Démocratique du Congo, et les Pères Dominicains en particulier, se réjouissent de ce témoignage de sacrifice, d’endurance et de détermination. Tous lui adressent leurs vœux de succès dans la poursuite de ses recherches sur le végétal, dans l’esprit de l’éthique de la responsabilité selon Hans Jonas, et à la lumière de l’encyclique Laudato Si’.

Aimée M

Agence D.I.A CENCO