Au diocèse de Dungu-Doruma, dans la partie nord-Est de la République démocratique du Congo, les sœurs Augustines sont actives dans leur mission extraordinaire auprès des démunis et se soutiennent mutuellement dans la diffusion de l’Évangile.

Une Congrégation féminine de droit diocésain, les Sœurs Augustines trouvent leurs racines en Belgique, en 1350. À cette époque, elles étaient connues sous le nom de « Sœurs Noires », en raison de leur habit et de leur engagement courageux auprès des victimes de la peste, alors appelée la « maladie noire ». Sous l’autorité de la supérieure, elles s’occupaient des malades et des mourants, souvent à domicile, dans un esprit de charité concrète.
Au fil des siècles, cette tradition augustinienne a traversé les frontières pour s’enraciner en Afrique. Le diocèse de Dungu-Doruma, située à la frontière entre la RDC et le Soudan du Sud, est le lieu où la congrégation adopte une nouvelle configuration. Le 28 août 1962, à la demande de Monseigneur Willem Van Den Elzen, alors Préfet apostolique de Doruma, Mère Marguerite engage le recrutement des trois premières postulantes congolaises. Cette date marque la naissance officielle des Sœurs Augustines de Dungu-Doruma en tant que congrégation diocésaine.

Fidèles à la spiritualité de Saint Augustin, les sœurs vivent leur vocation dans l’« unanimité de cœur et d’âme tournés vers Dieu ». Leur vie communautaire s’inspire de la première communauté chrétienne décrite dans les Actes des Apôtres, où tout était mis en commun dans la recherche de Dieu. Cette spiritualité se traduit aujourd’hui par un engagement concret dans le soin des malades, l’éducation, les œuvres sociales et la pastorale.
La formation des sœurs se déroule progressivement, de l’aspirandat, qui accueille à la fois de jeunes élèves et des candidates plus âgées, jusqu’au postulat, puis au noviciat, situé à Kisangani, où les novices se préparent à la profession de leurs premiers vœux de pauvreté, chasteté et obéissance.

Actuellement, la congrégation compte 42 sœurs, réparties dans 8 communautés, souvent implantées dans les zones les plus reculées du diocèse de Dungu-Doruma. Dans les écoles, les hôpitaux, les paroisses et les structures sociales, elles œuvrent avec discrétion et persévérance. Leur travail n’est pas motivé par un gain matériel, mais par un service pastoral : les faibles revenus perçus sont intégralement mis au service de la communauté et des populations locales.
Dans un diocèse majoritairement jeune, le défi des vocations demeure réel. Les sœurs en sont conscientes, mais elles gardent l’espérance qu’une animation vocationnelle soutenue permettra de susciter de nouveaux engagements au service de l’Église locale.
Par leur présence fidèle et silencieuse, les Sœurs Augustines de Dungu-Doruma témoignent qu’un charisme ancien peut encore aujourd’hui porter du fruit, là où la souffrance humaine appelle une réponse de foi, de solidarité et d’amour concret.
AGENCE DIACENCO
