novembre 21, 2025
N°59 de l’Avenue Monts Virunga, Commune Gombe ( Kinshasa / RDCONGO )
Eglise

Les évêques au Soudan et au Soudan du Sud condamnent l’injustice qui alimente le conflit, et préconisent un renforcement de l’engagement international.

La Conférence épiscopale commune du Soudan et du Soudan du Sud a exprimé une profonde inquiétude face à la dégradation continue de la situation dans les deux pays, dénonçant des accords de paix « bafoués » et l’absence de dialogue réel en vue d’une réconciliation durable. Réunis en assemblée plénière à Malakal jusqu’au jeudi 13 novembre, les évêques ont travaillé sur le thème : « Construire la paix, guérir les blessures et renforcer l’unité ».

Dans une déclaration lue par le cardinal Stephen Ameyu Martin Mulla, archevêque de Djouba et président de la Conférence épiscopale, il est souligné qu’« il est alarmant que le dialogue ne soit plus considéré comme un vecteur d’harmonie, de guérison, de réconciliation et d’unité ». Au contraire, précisent-ils, « des intérêts égoïstes ont déclenché la violence, aggravant les crises humanitaires, la haine entre les communautés et les déplacements massifs de population ».

Poursuivant leur analyse, les évêques condamnent les luttes de pouvoir incessantes entre factions politiques rivales, lesquelles alimentent des divisions ethniques et tribales croissantes. Ils dénoncent également l’usage abusif des ressources nationales à des fins personnelles, qualifiant ces rivalités de luttes « égoïstes, irrespectueuses de la dignité humaine », dans un contexte où « notre terre [est] exploitée indûment par des individus pour leur luxe personnel ». Rappelant que « diriger signifie servir », ils avertissent que « là où il y a injustice, il y a le germe de conflits futurs ». Pour le Soudan du Sud, né il y a quatorze ans « d’une lutte pour la liberté », les évêques regrettent que le pays, qui « devrait rester uni dans une communion d’intentions », fasse face à « des divisions sans précédent au nom de la politique ».

Par ailleurs, les prélats s’alarment du « rapatriement forcé des réfugiés sud-soudanais du Soudan », une situation pour laquelle ils demandent « des solutions humaines et justes » aux deux gouvernements. Ils exhortent également les autorités du Sud-Soudan à mettre en œuvre l’Accord revitalisé pour la résolution du conflit, tandis qu’ils appellent les parties soudanaises en guerre à reprendre les pourparlers de paix à Djeddah.

Enfin, les évêques lancent un appel aux Nations unies et aux partenaires internationaux, afin qu’ils maintiennent leur engagement envers les populations en cette période critique. Ils avertissent que la réduction des effectifs et la fermeture de certaines bases de la Mission des Nations unies au Soudan du Sud risquent de compromettre les efforts actuels et d’entraîner « de graves conséquences pour la paix ».

Agence DIA CENCO

Source: Vatican