La ministre d’État, ministre de l’Éducation nationale et de la Nouvelle citoyenneté, Raïssa Malu, a présidé, mercredi 14 janvier 2026 à l’hôtel Sultani dans la commune de la Gombe, la cérémonie de vernissage de la revue scientifique Cahiers congolais d’études avancées, publication de l’Institut congolais d’études avancées (ICEA).
La rencontre s’est déroulée en présence de parlementaires, de membres du gouvernement, d’ambassadeurs et représentants du corps diplomatique, ainsi que de nombreuses personnalités du monde académique.

Dans son discours introductif, le Directeur général de l’ICEA, le Professeur Isidore Ndaywel e Nziem, a exprimé sa gratitude aux autorités et invités pour avoir honoré cet événement éditorial et « la science d’Hérodote qu’est l’histoire ». Il a souligné que, malgré une faible médiatisation, la RDC compte déjà plus d’un millier de centres de recherche, d’universités et d’instituts supérieurs.
Le Professeur Ndaywel a annoncé l’organisation, en mai prochain à l’Université officielle de Mbuji-Mayi, du Premier Congrès d’études congolaises, préparé avec l’Académie congolaise des sciences, autour du thème : « Le Congo du troisième millénaire : conscience historique et devenir de la nation ». Les réflexions se poursuivront en septembre à Lubumbashi, lors d’un symposium marquant le 65ᵉ anniversaire de la mort de Dag Hammarskjöld, sous le thème : « 65 ans après Hammarskjöld : rêves et combats pour une paix durable dans le Bassin du Congo ».

La situation de l’Est de la RDC demeure, a-t-il insisté, la priorité de l’ICEA, dans une perspective d’« accompagnement intellectuel indispensable des efforts diplomatiques, militaires et humanitaires ». Un réseau de chercheurs congolais a été mis en place et, avec l’appui de l’ambassade de France, dix jeunes enseignants-chercheurs ont été sélectionnés pour des formations à Nairobi en 2026 et un séjour de recherche en France en 2027. Une Commission d’histoire travaille également à la rédaction d’un ouvrage de référence sur « Le Congo de Lumumba et la crise de l’Afrique des Grands Lacs ».
Coordonnée par Professeur Emmanuel Loch Mateso, la revue Cahiers congolais d’études avancées ambitionne de devenir une référence de la pensée congolaise. Son premier numéro est consacré à « L’Est du Congo, aux racines d’une guerre sans fin », tandis que le deuxième, sous presse, portera sur l’avenir du Kivu.
En conclusion, le Professeur Isidore Ndaywel e Nziem a présenté ses vœux pour l’année 2026 et invité l’assistance à honorer la mémoire des nombreuses victimes de l’Est du pays, ainsi que celle de deux éminents universitaires disparus : Justin Okana et Roland Pourtier, dont un article inaugure ce premier numéro. Une minute de silence a été observée en leur mémoire.

Penser le Congo pour transformer l’avenir : l’ICEA lance les Cahiers congolais des études avancées.
Comprendre pour enseigner, enseigner pour pacifier : le savoir au cœur de la Nouvelle Citoyenneté
Intervenant lors du vernissage de la revue Cahiers congolais d’études avancées, Madame Dora Muanda Kebadio, Conseillère au ministère de l’Éducation nationale et de la Nouvelle Citoyenneté, a livré une réflexion forte sur la place du savoir historique dans la formation du citoyen et la construction de la paix en République démocratique du Congo.
Madame Dora Muanda Kebadio a rappelé que cette rencontre, consacrée à la problématique de l’Est du Congo dans l’espace des Grands Lacs, aux racines d’une guerre sans fin, ne constituait pas un simple événement académique, mais un acte intellectuel et citoyen majeur. La revue, a-t-elle souligné, ne se contente pas de documenter une crise persistante : elle interroge en profondeur les fondements historiques, politiques et régionaux d’un conflit qui continue de façonner les territoires, les mémoires collectives et les jeunesses congolaises.
Au nom du ministère de l’Éducation nationale et de la Nouvelle Citoyenneté, elle a réaffirmé une conviction essentielle : on ne peut former un citoyen responsable sans lui donner les outils d’une compréhension rigoureuse de son histoire. L’un des mérites majeurs de cette revue est de refuser les lectures simplistes, émotionnelles ou instrumentalisées de la crise de l’Est, en mettant en lumière la nécessité d’une analyse historique de longue durée et des dynamiques foncières, identitaires, démographiques et géopolitiques propres à l’espace des Grands Lacs. Cette exigence scientifique rejoint directement, selon elle, l’exigence éducative : comprendre pour mieux enseigner, comprendre avant de juger, et comprendre afin de mieux orienter l’action.
Madame Dora Muanda Kebadio a précisé que les Cahiers congolais d’études avancées ne sont ni un manuel scolaire ni un substitut aux programmes officiels, mais un outil de référence destiné aux enseignants, formateurs, cadres éducatifs et citoyens. Dans un contexte de réforme en profondeur des programmes scolaires, notamment de l’enseignement de l’histoire, cette revue apporte une contribution précieuse en rappelant que réécrire les curricula ne signifie pas réécrire le passé, mais assumer la responsabilité de ce que la nation choisit de transmettre aux générations futures.
Elle a enfin souligné que la Nouvelle Citoyenneté repose sur une idée fondamentale : on ne bâtit pas la paix sans mémoire, et on ne construit pas la nation sans compréhension de son histoire. En dépassant le cadre académique, cette revue s’inscrit dans une véritable démarche de service public du savoir, au croisement de la recherche, de l’éducation et de la citoyenneté. En conclusion, elle a salué l’Institut congolais d’études avancées, le professeur Ndaywel pour son engagement constant, ainsi que la jeunesse appelée à s’approprier ce savoir éclairé au service de l’avenir et de l’unité de la République démocratique du Congo.
Présentation de la rédaction des Cahiers congolais des études avancées : rigueur scientifique et ancrage sociologique au service du Congo
Cet exercice a été confié au Professeur Emmanuel Mateso Locha, Secrétaire général de l’Institut congolais d’études avancées (ICEA), qui a procédé à la présentation de la rédaction et de l’organisation scientifique des Cahiers congolais des études avancées.
Dans une modération impeccable de madame KETHIA Ongera Zando, l’assistance, très nombreuse, a retenu que cette revue s’inscrit dans la mission fondamentale de l’ICEA : structurer une réflexion interdisciplinaire exigeante, ancrée dans les réalités congolaises et africaines, et capable d’éclairer les grands enjeux sociaux, politiques et historiques de la République démocratique du Congo. Les Cahiers congolais des études avancées visent à dépasser la simple accumulation académique pour contribuer à la formation d’une élite intellectuelle apte à analyser, contextualiser et anticiper les dynamiques complexes du pays et de la région.
Fondé par un collège de chercheurs congolais de renommée internationale — Isidore Ndaywel è Nziem, Julien Kilanga Musinde, Lye M. Yoka, Jean Ntole Kazadi, Emmanuel Loka Mateso et Justin Okana N’siawi Lebun (d’heureuse mémoire) — l’ICEA s’appuie sur une organisation scientifique et administrative structurée. Il est dirigé par le Professeur Isidore Ndaywel è Nziem, Directeur général, assisté du Professeur Emmanuel Mateso Locha, Secrétaire général. Le Conseil scientifique regroupe notamment Jean-Jacques Muyembe Tamfum, Théophile Obenga, Salikoko Mufwene, Daniel Mukoko Samba, Mathieu Zana Etambala, Jean Omasombo Tshonda, Donatien Dibwe dia Mwembu, aux côtés d’autres spécialistes reconnus. La coordination des recherches est assurée par Kochan Kabuika Kankuenda, assisté de Mathieu Bope Nyim-a-Nkwem, tandis que la documentation et l’édition sont respectivement confiées à Irène Ongera Zando et Ghislain Tshikendwa Matadi. Le pôle administratif et technique comprend Francis Ngay Moke (relations publiques), Michel Museme Diawe (communication) et Rachel Ndaywel Binia (gestion et comptabilité).
Prenant la parole à son tour, le Professeur Émile Bongeli a livré une analyse critique de la revue, mettant en évidence son ancrage sociologique profond. Il a salué une publication qui ne se limite pas à une lecture événementielle ou politique des crises congolaises, mais qui interroge les structures sociales, les dynamiques historiques et les rapports de pouvoir à l’œuvre dans la société congolaise. Selon lui, les Cahiers congolais des études avancées proposent une approche qui restitue le conflit, les mutations sociales et les trajectoires nationales dans leur épaisseur humaine et sociale, condition essentielle pour toute compréhension durable et toute perspective de transformation.
Dans un contexte congolais et africain marqué par les conflits, les transitions politiques et la mondialisation des ressources stratégiques, les Cahiers congolais des études avancées apparaissent ainsi comme un outil de souveraineté intellectuelle et un pont entre la recherche scientifique, la décision publique et la société. Plus qu’une revue, ils constituent une mémoire critique et un instrument de pensée collective, affirmant une conviction forte : il n’y aura pas de paix durable ni de reconstruction nationale sans production autonome du savoir, sans intelligence collective et sans pensée critique ancrée dans les réalités du Congo.
Agence de presse catholique DIA-CENCO
