Face à l’évolution du numérique, la Bibliothèque du Vatican et plusieurs institutions catholiques de Rome adoptent des technologies de pointe telles que la numérisation, la robotique et l’intelligence artificielle afin de préserver et pérenniser leur patrimoine documentaire.
Fondée officiellement au XVe siècle, la Bibliothèque apostolique vaticane entreprend la numérisation d’environ 80 000 manuscrits rédigés à la main. Sa collection comprend également deux millions de livres, 100 000 documents d’archives, ainsi que des centaines de milliers de pièces de monnaie, médailles et gravures.
Le Vatican concentre ses efforts sur la numérisation de manuscrits historiques uniques et d’ouvrages imprimés anciens, notamment les incunables, produits avant 1500, aux origines de l’imprimerie. Parmi les pièces les plus anciennes figurent le Papyrus Hanna, datant du IIIe siècle après J.-C., et le Codex Vaticanus, manuscrit complet de la Bible en grec du IVe siècle tous deux déjà numérisés. Lancé en 2012, le projet a permis la mise en ligne d’environ 30 000 manuscrits.
Selon Janz, la mission de la Bibliothèque du Vatican a toujours été de rendre les ouvrages accessibles aux lecteurs présents et futurs. Il considère la numérisation comme une manière contemporaine de réaliser la vision du fondateur : faire de la bibliothèque un lieu d’accès universel au savoir. L’objectif, précise-t-il, est « de créer une véritable bibliothèque numérique, réellement utilisable et conviviale ».
Ailleurs à Rome, d’autres institutions catholiques historiques vont encore plus loin dans l’intégration des technologies avancées. Au cœur du centre historique, le Centre de numérisation Alexandria utilise un scanner robotisé capable de traiter jusqu’à 2 500 pages par heure, pour numériser les ouvrages anciens de la bibliothèque de l’Université pontificale grégorienne.
En peu de temps, des textes autrefois réservés aux chercheurs se rendant à Rome peuvent désormais être consultés à distance, traduits, et même intégrés dans des modèles d’intelligence artificielle formés selon l’enseignement catholique.
Matthew Sanders, PDG de la société technologique catholique Longbeard, est à l’origine de cette initiative qui mobilise robotique et IA pour numériser les collections des universités et instituts pontificaux historiques de Rome. Dès le lancement du projet, le recteur de l’Institut pontifical oriental a exprimé le souhait de rendre accessible sa bibliothèque de 200 000 volumes sur les traditions catholiques orientales et orthodoxes aux chercheurs du Moyen-Orient, d’Afrique et d’Inde, sans qu’ils aient à se déplacer jusqu’à Rome. La demande était claire : numériser les ouvrages, les rendre lisibles sur tout appareil et permettre leur traduction instantanée.
Depuis, la charge de travail du Centre Alexandria s’est intensifiée. Longbeard est actuellement engagé dans la mise à jour des collections historiques de l’Université pontificale salésienne et de l’Université pontificale grégorienne, et prévoit de collaborer avec l’Université pontificale Saint-Thomas-d’Aquin, le Venerable English College, ainsi que plusieurs ordres religieux.
Une base de données catholique en constante expansion permet d’enregistrer les œuvres numérisées, servant à entraîner les systèmes d’IA développés par Longbeard, tels que Magisterium AI et un futur modèle linguistique spécifiquement catholique, baptisé Ephrem. Les institutions peuvent choisir de rendre leurs textes publics ou de les conserver privés. Les chercheurs, quant à eux, bénéficient de fonctionnalités avancées : recherches croisées, production de résumés, et traçabilité des sources des réponses générées par l’IA.
Aimée M
Agence D.I.A CENCO
Source: Stampa
