L’Église catholique en République centrafricaine s’est dotée d’un Pacte éducatif national au terme des états généraux de l’Enseignement catholique associé de Centrafrique (ECAC), organisés du 16 au 21 février à Bangui. Placées sous le thème « Éduquer : un appel à innover, servir et transformer », ces assises ont permis d’évaluer la situation de l’école catholique et son appropriation du Pacte éducatif africain, déclinaison continentale du Pacte éducatif global promu par Pape François.
Durant plusieurs jours, les participants ont analysé les défis structurels du système éducatif et défini des priorités claires : développement de la formation professionnelle et technique, digitalisation de la gestion administrative et pédagogique, promotion de l’éducation des filles, lutte contre les violences en milieu scolaire et consolidation du partenariat entre l’Église et l’État.
Les échanges ont mis en lumière la nécessité de rompre avec un modèle éducatif encore fortement marqué par l’héritage colonial, historiquement centré sur la formation de fonctionnaires, afin de promouvoir une éducation orientée vers les métiers et l’employabilité. La condition des jeunes filles a également retenu l’attention, notamment face aux mariages précoces et aux abus signalés dans certains milieux scolaires.
À l’issue des travaux, un Pacte éducatif centrafricain a été adopté. Le document prévoit notamment l’accueil, dans chaque établissement catholique, de 5 à 10 % d’enfants issus de milieux vulnérables, la promotion du dialogue interreligieux, la transparence dans la gestion des écoles ainsi que le développement de l’esprit critique chez les apprenants.
Le texte engage par ailleurs les pouvoirs publics à instaurer un dialogue permanent avec l’Église dans l’élaboration et la mise à jour des programmes nationaux, tout en apportant un soutien financier à l’enseignement catholique. Une commission spécifique chargée du suivi et de la mise en œuvre de cette coopération a été annoncée.
Ces assises ont bénéficié de contributions de représentants de l’Église universelle et continentale, notamment le cardinal José Tolentino de Mendonça, préfet du Dicastère pour la culture et l’éducation, et le cardinal Antoine Kambanda, archevêque de Kigali et référent continental du Pacte éducatif africain.
Dans un contexte marqué par des crises successives ayant fragilisé le système éducatif national — avec un taux de scolarisation estimé à 40 % et des infrastructures nécessitant une réhabilitation urgente — l’école catholique demeure un acteur central du secteur.
Sous l’impulsion de la Conférence épiscopale présidée par Mgr Richard Appora-Ngalanibé, et avec l’engagement du cardinal Dieudonné Nzapalainga, archevêque de Bangui, l’Église centrafricaine entend inscrire son action éducative dans une dynamique de transformation sociale, en coopération renforcée avec l’État, afin de contribuer à la stabilité et au développement du pays.
DIACENCO
Source: ACI Afrique
