Le Vatican appelle les fidèles à soutenir la voix du pape Léon XIV face à la guerre

Aimée MUSENGA
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Depuis le cœur de Vatican, un appel clair est lancé aux catholiques du monde entier : « ne pas laisser le pape Léon XIV isolé dans son plaidoyer contre la guerre ».

Dans un entretien accordé au magazine Dialoghi, le Secrétaire d’État du Saint-Siège, Pietro Parolin, met en garde contre le risque d’une parole pontificale qui resterait sans écho. Il décrit un message « prophétique », porteur d’espérance, mais vulnérable s’il n’est pas relayé par les fidèles. « Elle risque de devenir une voix qui crie dans le désert », prévient-il.

Cette prise de position intervient à quelques jours de la veillée de prière pour la paix convoquée le 11 avril 2026 dans la basilique Saint-Pierre, à Rome. Bien au-delà d’un simple moment spirituel, cette initiative est présentée comme un appel à l’engagement concret dans un monde en proie aux conflits.

Le cardinal Parolin convoque le souvenir de la guerre en Irak en 2003. À cette époque, Jean-Paul II avait multiplié les appels pour éviter le conflit, sans être entendu. Une solitude qu’il juge inacceptable aujourd’hui, d’où son insistance à soutenir une paix « désarmée et désarmante », à contre-courant des logiques de réarmement.

Le message se veut direct : il faut amplifier les voix en faveur de la paix, dénoncer la course aux armements et encourager des initiatives concrètes au service des plus vulnérables. Le cardinal appelle également à repenser les modèles économiques, en rompant avec ce qu’il qualifie d’« idolâtrie de l’argent ».

Son analyse de la situation internationale ne laisse guère de place à l’ambiguïté. Il observe une normalisation inquiétante du recours à la force, tandis que la diplomatie semble reléguée au second plan. Cette évolution, selon lui, affaiblit la conscience collective face à la gravité des conflits.

Le déséquilibre dans le traitement des crises est aussi pointé du doigt, notamment entre l’Ukraine et Gaza, révélant un monde où les réponses varient selon les intérêts en jeu. Une dérive qu’il relie à la primauté croissante de la puissance sur le droit.

Dans ce contexte, le cardinal met en garde contre une illusion persistante : celle de croire que la paix peut être imposée par la force. Il rappelle le rôle essentiel des institutions internationales, en particulier Organisation des Nations unies, tout en reconnaissant leurs limites actuelles. « Nous ne pouvons pas passer de la force du droit à la loi de la force », insiste-t-il.

L’Europe est également interpellée. Le responsable du Vatican appelle à une position plus cohérente et unifiée, capable de peser dans les équilibres mondiaux.

Enfin, il attire l’attention sur un défi plus discret : l’usage des nouvelles technologies, susceptibles d’alimenter la peur et de propager la désinformation à grande échelle.

Au fil de cette prise de parole, une ligne se dessine clairement : la paix ne dépend pas uniquement des institutions ou des dirigeants. Elle repose aussi sur la capacité des citoyens à s’engager, à défendre la dignité humaine et à refuser la banalisation de la violence.

Car face au fracas des armes, le silence des consciences peut devenir la plus grande des complicités.

DIACENCO

Source : Vatican

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