Recevant au Vatican une délégation composée des Carmélites Déchaussées de Terre Sainte, des Sœurs de Sainte-Catherine V.M., des Missionnaires Salésiennes de Marie Immaculée et des Sœurs de Saint Paul de Chartres, à l’occasion de leurs chapitres et assemblées générales, le Pape Léon XIV a prononcé un discours vibrant, empreint de reconnaissance et d’exhortation.
Soulignant l’urgence spirituelle de notre époque, il a insisté sur la nécessité de voir surgir « des femmes généreuses », capables de risquer leur confort et leur sécurité pour répondre librement et pleinement à l’appel de Dieu.
S’appuyant sur la question biblique du Livre des Proverbes — « Une femme forte, qui peut la trouver ? Sa valeur est bien supérieure à celle des perles » — le Souverain Pontife a articulé sa réflexion autour de cette figure intemporelle, trouvant en chacune des fondatrices des quatre congrégations une réponse vivante à cet appel. Il a salué le courage de ces pionnières, animées d’un zèle évangélique indéfectible, qui ont affronté l’adversité avec foi et détermination, incarnant ce qu’il appelle une « force spirituelle féminine ».
Le Pape a tenu à souligner que les œuvres fondées par ces femmes ne sont pas de simples héritages institutionnels, mais des semences vivantes qui ont traversé les siècles. Leurs fondatrices n’ont pas seulement œuvré pour leur temps : elles ont ouvert des chemins que d’innombrables autres femmes ont choisi d’emprunter, suivant le Christ dans la pauvreté, la chasteté et l’obéissance — parfois jusqu’au sacrifice suprême.
Évoquant les contextes souvent hostiles dans lesquels ces femmes ont agi, Léon XIV les a qualifiées d’« extraordinaires », non pour magnifier leur mémoire, mais pour reconnaître la portée concrète de leur mission. Face à la détresse morale et matérielle, elles n’ont pas reculé. Bien au contraire, elles se sont volontairement exposées, acceptant les risques, jusqu’à perdre la vie dans certains cas, victimes de violences en temps de guerre.
Le Saint-Père voit en elles une incarnation contemporaine des figures chantées dans l’hymne liturgique Fortem virili pectore, où sont célébrées celles qui ont dompté la chair par le jeûne, nourri leur esprit de prière, et trouvé dans le ciel leur seule source de consolation.
Leur exemple révèle, selon lui, les racines profondes de la vie consacrée : contemplation et action, silence et engagement, prière et service. Il a mis en garde contre la tentation de considérer cette vie comme une forme de spiritualisme abstrait ou irréaliste, soulignant que l’expérience concrète de ces congrégations au fil des siècles en est le plus éclatant démenti. La fidélité, a-t-il rappelé, ne se nourrit pas d’idéaux vaporeux, mais se puise chaque jour au contact vivant du Christ — dans l’ascèse, les sacrements, la Parole de Dieu et l’intimité cultivée avec les choses d’en-haut.
Le Pape a ensuite élargi sa méditation à la dimension théologique de l’humilité, citant saint Augustin qui, dans De sancta virginitate, exhortait les vierges consacrées à « monter vers les hauteurs avec le pied de l’humilité », car Dieu seul élève celles qui s’abaissent devant Lui. Il les a invitées à remettre entre les mains du Seigneur les dons reçus, à s’en remettre totalement à sa Providence, reconnaissant l’œuvre apostolique, si vaste et féconde soit-elle, demeure entre ses mains.
Dans cette veine, il a fait mémoire des paroles de Jean-Paul II dans Vita consecrata, évoquant la Transfiguration comme une image de la vie religieuse : les disciples, un instant transfigurés avec le Maître, sont immédiatement appelés à redescendre de la montagne pour affronter la réalité du monde et marcher avec courage sur le chemin de la croix.
Aimée M
Agence D.I.A CENCO
Source: Vaticane
