La République démocratique du Congo, et plus largement l’ensemble de la communauté intellectuelle africaine, vient d’enregistrer une reconnaissance académique de tout premier plan. Le Professeur Isidore Ndaywel e Nziem, historien de renommée internationale et figure majeure de la pensée africaine contemporaine, a été élu Vice-Président de l’Académie africaine des Sciences religieuses, sociales et politiques, à l’issue de la cinquième Assemblée générale statutaire de l’Académie, tenue dernièrement, en mode hybride, à Dakar (Sénégal) et en visioconférence.
La notification officielle lui a été adressée par la Présidente de l’Académie, Madame Anne-Marie Antchouey Ambourhouet, qui lui a transmis, au nom de l’ensemble des académiciennes et académiciens, leurs félicitations ainsi que leur confiance.
Cette nomination est vécue comme une immense fierté pour la société civile africaine, et plus particulièrement pour la communauté des historiens africains, dont le Professeur Isidore Ndaywel e Nziem est le président. Elle consacre le rôle central des sciences historiques dans la compréhension des dynamiques religieuses, sociales et politiques du continent africain, tout en mettant en lumière la place éminente de l’école historique congolaise sur la scène académique internationale.
Un parcours académique d’exception
Né en 1944 à Ipamu, en République démocratique du Congo, Isidore Ndaywel e Nziem est historien, linguiste et professeur émérite. Titulaire d’une licence en Philosophie et Lettres de l’Université de Kinshasa et d’un doctorat en histoire de la Sorbonne (1972), il s’est imposé comme l’un des plus grands historiens africains de sa génération.
Professeur à l’Université de Kinshasa (UNIKIN), chercheur associé au CNRS et à l’EHESS, il a également enseigné dans plusieurs universités prestigieuses, notamment à Lubumbashi et à la Sorbonne. Il fut le premier Congolais à enseigner l’histoire et à diriger le département d’histoire à Lubumbashi, où il fonda le CERDAC (Centre de recherche et de documentation sur l’Afrique centrale).
Son œuvre majeure, Histoire générale du Congo : de l’héritage ancien à la République démocratique, constitue une référence incontournable de l’historiographie congolaise et africaine. À travers ses nombreux ouvrages, dont La Nouvelle histoire du Congo, il a contribué de manière décisive à la réécriture de l’histoire africaine par les Africains eux-mêmes, à la valorisation des mémoires collectives et à la réflexion sur l’État, la nation et la citoyenneté en Afrique.
Engagement institutionnel et rayonnement international
Au-delà de l’université, le Professeur Ndaywel e Nziem a occupé d’importantes responsabilités institutionnelles :
Directeur honoraire de la Bibliothèque nationale du Congo,
Président de la Société des historiens congolais,
Coordonnateur scientifique du Cinquantenaire de l’Indépendance du Congo (2010),
Commissaire général du XIVᵉ Sommet de la Francophonie (2012),
Membre de l’Académie royale des sciences d’outre-mer (Belgique).
Son rayonnement intellectuel dépasse largement les frontières de la RDC, faisant de lui une référence majeure dans l’espace africain et francophone.
Un apport stratégique pour l’Académie africaine
En accédant à la Vice-Présidence de l’Académie africaine des Sciences religieuses, sociales et politiques, le Professeur Ndaywel e Nziem est appelé à mettre son expérience scientifique, sa rigueur intellectuelle et sa vision panafricaine au service du rayonnement de cette institution. Son expertise interdisciplinaire renforcera le dialogue entre histoire, sciences sociales, pensée politique et enjeux religieux contemporains.
Pour l’historien, cette responsabilité est à la fois un privilège et un devoir : celui de répondre aux attentes de l’institution, de ses pairs et des nouvelles générations de chercheurs, tout en poursuivant ses travaux, notamment un nouvel ouvrage consacré au Congo.
Un prestige accru pour la République démocratique du Congo
Cette élection représente enfin un gain symbolique et diplomatique majeur pour la RDC. Elle renforce l’image du pays comme une terre de savoirs, de réflexion critique et de production intellectuelle de haut niveau. À travers le Professeur Isidore Ndaywel et Nziem, c’est toute la tradition académique congolaise qui est honorée et toute une génération d’étudiants et de chercheurs qui trouve un modèle d’excellence, d’engagement et de reconnaissance internationale.
« L’histoire fonde la conscience historique. Et la conscience historique est la fille aînée de la conscience nationale et panafricaine. » Isidore Ndaywel e Nziem
Agence DIA CENCO
Source : Académie africaine des Sciences religieuses, sociales et politiques
