novembre 21, 2025
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Afrique & Monde

Le clergé sénégalais appelle à la consolidation de la paix et de la justice

Lors de leur 47ᵉ Assemblée générale tenue à Saint-Louis du 15 au 19 septembre 2025, les membres de l’Union du clergé sénégalais (UCS) ont exprimé solennellement leur aspiration à la paix, à la justice sociale et à la cohésion nationale. Dans un contexte politique tendu, marqué par des manifestations dénonçant les dérives des nouvelles autorités, le clergé catholique s’efforce de contribuer, de manière spirituelle et citoyenne, à l’édification d’un Sénégal apaisé et solidaire.

Au terme de cinq jours d’échanges, les prêtres sénégalais ont encouragé la population à rejeter toute forme de violence et à privilégier le dialogue comme fondement de la vie en communauté. Leur appel vise à réaffirmer les valeurs fondamentales de la nation : respect de la diversité religieuse et culturelle, solidarité, vivre-ensemble et engagement civique. L’UCS invite tous les citoyens à s’investir avec générosité et persévérance dans la dynamique nationale de développement durable, et à lutter activement contre toutes les formes de discrimination.

Dans son adresse à l’État sénégalais, l’Union exhorte les autorités à poursuivre les efforts déjà engagés pour renforcer la paix et la justice sociale, tout en accélérant les réformes visant à restaurer la souveraineté économique du pays. Elle insiste sur la nécessité de garantir les libertés fondamentales, de promouvoir les droits humains et de consolider les mécanismes institutionnels de protection. Elle souligne également l’urgence d’un plan national de réponse aux inondations, phénomène récurrent aux conséquences dramatiques, qui appelle une action coordonnée et durable.

Face aux récents mouvements de contestation portés par la société civile et les acteurs politiques, le clergé sénégalais exprime sa solidarité envers les victimes d’injustices. Il déplore les atteintes graves aux libertés individuelles, qui, selon ses membres, interpellent la conscience pastorale et engagent l’Église dans sa mission prophétique au service de la vérité et de la dignité humaine.

L’UCS appelle à un sursaut collectif, conscient du rôle fondamental que chaque citoyen est appelé à jouer. Elle invite à dépasser les clivages, à renoncer à toute forme de violence et à ouvrir des espaces de débat constructif. L’enjeu, selon elle, est de dépolitiser l’espace public afin de créer les conditions d’un dialogue véritable, nourri par l’écoute, le respect et la recherche du bien commun. Elle plaide ainsi pour l’émergence d’une civilisation de l’amour, fondée sur les valeurs profondes de fraternité, de paix et de responsabilité.

Les fidèles chrétiens sont également interpellés : ils sont invités à intensifier leur prière pour la paix, non seulement au Sénégal, mais dans toute la sous-région. L’UCS les encourage à promouvoir, au sein des familles et des communautés, une éducation fondée sur la non-violence et l’ouverture à l’autre. Elle les exhorte à une conversion relationnelle et à un engagement renouvelé dans le dialogue interpersonnel. L’esprit de teranga, symbole vivant de l’hospitalité sénégalaise, est rappelé comme un héritage précieux à préserver et à faire fructifier.

Le thème de cette 47ᵉ assemblée « Pour une Église synodale et autonome au service de la justice et de la paix au Sénégal ». L’assemblée a orienté les travaux vers une réflexion de fond sur les mutations que l’Église locale doit entreprendre. Pour l’UCS, le contexte africain, riche en valeurs communautaires, offre un cadre favorable à la synodalité, entendue comme une marche commune du peuple de Dieu à l’écoute de l’Esprit. Toutefois, elle met en garde contre le risque de réduire ce concept à une simple rhétorique dénuée de profondeur, voire à une vitrine sans transformation réelle. L’absence de structures dynamiques et d’un engagement authentique demeure, selon elle, un obstacle majeur à l’émergence d’une Église véritablement synodale.

La question de l’autonomie, tant financière que liturgique, a également occupé une place centrale dans les discussions. L’UCS souligne l’urgence de renforcer les capacités internes, alors que la précarité économique des paroisses et la raréfaction des aides extérieures mettent à rude épreuve la viabilité des Églises locales. Si elle salue les avancées liturgiques  notamment les efforts de la Commission nationale de liturgie et la publication d’un vade-mecum pour encadrer les célébrations eucharistiques elle déplore encore de nombreux écarts liés à une mauvaise maîtrise des normes.

Le volet Justice et Paix a révélé, quant à lui, un manque préoccupant de structures solides et d’initiatives concrètes dans l’Église pour porter cette mission au cœur des communautés. Les commissions paroissiales et diocésaines, souvent en décalage avec les normes financières et comptables du pays, peinent à remplir leur rôle de manière efficace. Ce constat appelle, selon l’UCS, une réorganisation en profondeur et un investissement plus soutenu pour permettre à l’Église de jouer pleinement sa mission de veille et d’accompagnement social.

En conclusion de son assemblée, l’Union du clergé sénégalais a réitéré son engagement à établir la synodalité comme un style de gouvernance ecclésiale fondé sur l’écoute, la participation et le dialogue. Elle promet de s’impliquer pour une Église locale plus dynamique, enracinée dans les réalités sénégalaises, et résolument tournée vers la promotion de la justice, de la paix et de la communion fraternelle.

Aimée M

Agence D.I.A CENCO

Source: Vatican News