novembre 20, 2025
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Eglise

La Commission pontificale pour la protection des mineurs recommande d’offrir une écoute « accueillante » aux victimes d’abus et exploitations sexuelles

La Commission pontificale pour la protection des mineurs a publié le vade-mecum accompagnant son deuxième Rapport annuel. Ce document inclut des recommandations majeures issues d’une consultation directe avec les victimes, et propose un soutien économique, psychologique et spirituel. Il insiste sur la nécessité d’une communication plus transparente, d’une responsabilité publique de l’Église, ainsi que de procédures simplifiées pour la dénonciation des faits.

Ce vade-mecum opérationnel a été rédigé en prêtant une attention particulière aux témoignages de personnes ayant personnellement subi des abus. Il vise à aider les communautés ecclésiales à mettre en œuvre des mesures de réparation, en suivant pas à pas le processus de dénonciation, tout en en facilitant l’accès.

Parmi les recommandations figurent : une consultation initiale avec les victimes, l’accès aux informations relatives à leur dossier, et un accompagnement financier, psychologique et spirituel. Ces mesures doivent être accompagnées de déclarations officielles transparentes, reconnaissant le tort causé et assumant publiquement la responsabilité. Il s’agit, selon les termes du rapport, d’« un chemin sans cesse à parcourir ».

Mgr Thibaut Verny, président de la Commission pontificale pour la protection des mineurs, nommé par le pape Léon XIV en juillet dernier, a précisé que cette mission est définie dans le IIe Rapport annuel sur les politiques et procédures de l’Église en matière de protection des mineurs, publié le jeudi 16 octobre.

Comme pour le premier Rapport annuel, cette étude a été élaborée en collaboration avec le Groupe de discussion des victimes/survivants (Annual Report Focus Group). La sélection des participants s’est fondée sur le volontariat, en veillant à une diversité d’âges, de genres et de contextes ethniques, couvrant les quatre grandes régions du monde.

La première partie du Rapport est consacrée aux mesures de réparation à l’égard des victimes d’abus, fondées sur une consultation directe avec elles, en tenant compte de la diversité des torts subis. Le vade-mecum destiné aux communautés locales met l’accent sur la création d’espaces sécurisés où les victimes et survivants peuvent partager leurs expériences, y compris directement avec les autorités ecclésiastiques.

Le rapport analyse également le concept de « réparation », que l’encyclique Dilexit nos du pape François définit non seulement comme un devoir individuel, mais comme une responsabilité partagée par l’ensemble de la communauté — à l’exception des victimes elles-mêmes — afin de favoriser un climat de soin et de respect réciproque. L’Église est ainsi appelée à publier des déclarations officielles reconnaissant le tort causé et assumant publiquement sa responsabilité.

Le rapport souligne en outre l’importance cruciale pour les victimes d’avoir accès aux informations concernant leur dossier, élément clé de leur processus de guérison. Il recommande également la mise en place de programmes de sensibilisation à destination du clergé, des religieux et des fidèles laïcs, pour encourager un processus de guérison collective.

Parmi les autres conclusions importantes, la Commission insiste sur la nécessité d’une « procédure simplifiée » pour la destitution des responsables ecclésiaux dont les actions ou inactions administratives ont causé des préjudices supplémentaires aux victimes/survivants d’abus sexuels. Il est également recommandé de « communiquer clairement » les motifs de ces démissions ou destitutions, et de procéder à une évaluation rigoureuse des progrès réalisés par les Églises locales et les ordres religieux dans la mise en œuvre de leurs politiques de protection.

À cette fin, la création d’un « réseau universitaire international » est proposée, regroupant des centres de recherche catholiques spécialisés dans les droits humains, la prévention des abus et la protection, afin de recueillir des données pertinentes dans les pays couverts par le Rapport annuel.

Il est également suggéré d’instituer un « mécanisme de signalement systématique et obligatoire », utilisable par les différents organismes de protection au niveau local. La communauté ecclésiale, indique le Rapport, a la capacité de promouvoir une transparence et une responsabilité accrues, conformément à la demande du pape François, qui souhaite « un compte rendu fiable de ce qui se fait actuellement et de ce qu’il faut changer, afin que les autorités compétentes puissent agir ».

Enfin, le rapport réaffirme le rôle essentiel des nonces apostoliques au sein des Églises locales, pour encourager et accompagner le ministère de protection.

Aimée M

Agence D.I.A CENCO

Source : Vatican