Kenya : les Évêques alertent sur la pénurie de certificats de mariage et les lenteurs administratives

Aimée MUSENGA
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Les Évêques du Kenya ont exprimé leur vive préoccupation face aux difficultés persistantes dans les procédures d’enregistrement civil et de légalisation des mariages. Dans une déclaration publiée le 16 avril à l’issue de leur Assemblée tenue à Donum Dei, Roussel House, à Karen, dans la capitale Nairobi, ils dénoncent des démarches devenues « inutilement complexes » et marquées par des lenteurs administratives.

« Depuis quelque temps, nous rencontrons des difficultés dans le processus d’enregistrement civil et de légalisation du mariage », affirment-ils, soulignant que « les procédures de notification et d’obtention des certificats sont devenues inutilement complexes » et que « le processus d’approbation est lent et ne tient parfois pas compte des délais et des dates fixés ».

Les Évêques ont déploré en outre une pénurie de certificats de mariage, estimant qu’elle « ne peut que causer un préjudice moral à la société » et risque de priver les conjoints les plus vulnérables de leurs droits légaux.

Dans leur message, les membres de la Conférence épiscopale catholique du Kenya (KCCB) ont insisté sur la nécessité de protéger et de promouvoir l’institution du mariage, conformément à la Constitution du Kenya.

Ils ont rappelé que, selon l’article 45, la famille constitue l’unité fondamentale de la société et que sa solidité est essentielle à la prospérité du pays.

Cette prise de position intervient dans un contexte de frustration croissante de la population face aux retards dans la délivrance de documents officiels tels que les actes de naissance, les cartes d’identité nationales et les passeports.

Par ailleurs, les Évêques ont exprimé leur inquiétude face à la recrudescence de meurtres de masse dans des contextes rituels, évoquant notamment les tragédies de Shakahola et de Kware. « Le scandale des décès de Shakahola et de Kware est encore frais dans nos mémoires, où des meurtres inimaginables ont été mis au jour », déclarent-ils, pointant l’absence de contrôles sociaux et gouvernementaux.

Ils se sont interrogé également sur la capacité des communautés et des autorités à prévenir de tels drames, soulignant que les victimes provenaient de familles et de quartiers ordinaires, sans que personne ne tire la sonnette d’alarme.

La KCCB a mis en garde contre la persistance de faits similaires, évoquant la découverte récente de corps d’hommes, de femmes et d’enfants dans des sacs à Binzaro, dans le comté de Kilifi, ainsi qu’à Kericho. Ces actes, ont-ils dénoncé, traduisent « un mépris total pour le caractère sacré et la valeur de la vie humaine ».

Les Évêques ont regretté également que les enquêtes sur ces crimes s’essoufflent rapidement et tombent dans l’oubli, notamment parce que les victimes sont souvent issues de milieux défavorisés.

Enfin, ils ont alerté sur la montée de la traite des êtres humains et critiquent la dégradation du climat politique, marquée par le recours à des groupes de jeunes violents, utilisés pour intimider et perturber la vie publique. Selon eux, ce phénomène ne peut prospérer sans le soutien de personnes influentes.

DIA-CENCO Tiré de
l’Agence Fides

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