Chaque le 31 juillet, la femme africaine célèbre sa Journée internationale, décrétée à Dar-Es-Salem depuis 1962.
A cette occasion, plus de 70 organisations féminines de la Synergie Femmes, Paix et Sécurité, œuvrant en diocèse de Goma et aux environs, se sont réunies dans la Salle Maison de la Femme à Goma, ce vendredi 31 juillet 2026 pour une réflexion autour du thème : « Femme africaine, pilier du développement durable, actrice du changement pour l’Afrique de demain ».
A en croire vrai pour le sens de cette célébration, il a s’agit d’une journée de réflexion et de redynamisation de la femme africaine, lui rappeler son rôle important dans la participation à la prise de décision de paix et sécurité, de développement, de l’économie,…
« C’est la femme qui souffre le plus quand il y a manque de paix dans la région. Toutes ses actions et toute sa dignité sont bafouées. Pourtant, c’est elle qui porte la vie, qui nourrit la vie jusqu’à sa dernière demeure »,a-t-on expliqué dans l’introduction.

La séance a porté sur plusieurs sujets. La résolution 1325 du 31 octobre 2000 qui, selon la Modératrice Madame Gisèle KATOLO, « valorise la femme et ses actions, et l’encourage à participer activement aux sommets de grandes décisions de la paix ».
Pour Madame Rachel MULULU, Point Focal de la Synergie Femmes, Paix et Sécurité, Coordonnatrice de FUDEI et Présidente du Groupe Watoto wa Mwangaza en Paroisse Saint Joseph Cathédrale, cette date ouvre des occasions à interpeler tout et chacun à freiner les abus causés à la femme :
« L’objectif est de renforcer les capacités des femmes dans la recherche de la paix et sécurité. Sensibiliser la femme à s’impliquer dans la recherche de la paix par la non-violence. Interpeler tout le monde à freiner les abus causés à la femme. Prévenir les conflits et protéger la vie humaine. Dire aux seigneurs de guerre de cesser le bain de sang en Afrique et initier le dialogue ».

Longtemps bafouée, selon le Point Focal, la femme devrait prendre part à la table de négociation, de dialogue ou de réconciliation, « car c’est elle qui porte la plus grande douleur des conflits politiques, ethniques, comme il en est le cas à l’Est de la RDC depuis plus de 30 ans » :
« Il y a peu de femmes dans les ministères. Tout ce qui se dit serait donc à l’avantage de ceux qui sont présents. Voilà pourquoi notre cri d’alarme n’est pas pris en compte. Et ça c’est un défis à relever »,a-t-elle renchérit dans ses propos.
Outre la résolution 1325, la protection de l’environnement et l’entrepreneuriat sont des sujets ayant porté des interventions.
Les participantes, au côté d’une dizaine d’hommes invités, ont expliqué que la notion de la protection de l’environnement doit commencer dès le bas-âge :
« A l’éducation donnée à notre progéniture, il est impérieux d’ajouter la notion de la protection de l’environnement. C’est celui-ci qui procure belle aire capable de nous accompagner dans notre réflexion. Nous ne devrions jamais vivre salles ».
La représentante de l’ONU Femme a estimé que les organisations féminines devraient impliquer plusieurs autres structures qui travaillent en faveur de la promotion des œuvres des femmes.
Cette séance a connu toutes les catégories des femmes : les femmes vivant avec albinisme, avec handicap et les autochtones reconnues pygmées. Ces dernières ont lancé un message fort :
« Les affrontements se font très souvent dans les périphéries de la ville, dans les villages ou dans les forêts. Or, pour nous les pygmées, nous sommes très inséparables de notre forêt, car c’est là où nous nous sentons le mieux comme les poissons dans l’eau. Alors, que la guerre cesse de détruire notre forêt, protectrice de notre vie. »
Madame Nathalie KONE TRAORE, Représentante de la Branche Femme dans la MONUSCO à Goma, a participé aussi à cette célébration et s’est imprégnée de la douloureuse souffrance que portent les femmes africaines. Toutefois, elle a constaté qu’elles sont porteuses d’une très grande résilience qui devrait faire objet à soulager.
J-Rostand VUSANGI M, Correspondant DIA CENCO depuis Goma.
