Ghana : les évêques catholiques appellent à l’état d’urgence face à la crise minière du galamsey

Aimée MUSENGA
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La Conférence des évêques catholiques du Ghana (GCBC) s’est dite profondément préoccupée par l’expansion de l’exploitation minière illégale, connue localement sous le nom de galamsey, appelant les autorités à déclarer l’état d’urgence dans les zones les plus touchées.

Dans un communiqué publié le 15 septembre, les prélats dénoncent le galamsey comme un « cancer national », responsable de graves dommages humains, environnementaux, sociaux et moraux. « Le galamsey ravage nos rivières et nos forêts, empoisonne nos sols, met en danger la santé publique, corrompt la gouvernance, érode nos valeurs morales et détruit les moyens de subsistance », écrivent-ils.

Les évêques estiment que la situation constitue désormais une urgence nationale, justifiant la mise en œuvre de mesures exceptionnelles : couvre-feux, démantèlement des réseaux criminels, sécurisation des terres dévastées et lutte renforcée contre la corruption administrative.

Pollution, santé publique et déscolarisation : les évêques du Ghana tirent la sonnette d’alarme

Dans un communiqué publié le 17 septembre 2025, la Conférence des évêques catholiques du Ghana (GCBC) met en lumière les effets dévastateurs de l’exploitation minière illégale — connue sous le nom de galamsey — sur l’environnement : pollution des rivières, destruction des forêts, contamination des sols et appauvrissement de l’agriculture.

Les évêques expriment également leur vive inquiétude face aux conséquences sanitaires, notamment l’exposition des populations à des substances toxiques telles que le mercure, le cyanure et l’arsenic. 

« Les poisons issus de cette exploitation s’infiltrent dans notre chaîne alimentaire, provoquant cancers, maladies de peau, insuffisances rénales et troubles neurologiques », alertent-ils.

Après une analyse approfondie de la situation, les prélats dénoncent la complicité de certaines autorités locales, politiques, religieuses et sécuritaires, accusées de dissimuler ou de faciliter ces activités pour des intérêts personnels. 

« Cette trahison de la confiance atteint le cœur de notre identité nationale. Nous appelons ces dirigeants à se repentir sans délai », affirment-ils.

Ils regrettent que le président John Dramani Mahama n’ait pas pris la pleine mesure de la menace, malgré leurs appels répétés, et jugent sa réponse incomplète et trop centrée sur les bénéfices économiques. 

« L’heure est tardive. Le retard est une trahison. Maintenant, pas demain, c’est le moment d’agir », avertissent-ils.

Pour faire face à cette réalité, les évêques proposent une série de recommandations, publiées dans un communiqué de deux pages signé par Mgr Matthew Kwasi Gyamfi, président de la GCBC. Ils insistent sur la nécessité d’une stratégie nationale intégrée pour lutter efficacement contre le galamsey.

Parmi leurs recommandations :

– Renforcement et application stricte des lois minières ; 

– Création de tribunaux spécialisés pour les infractions environnementales ; 

– Mise en place d’une task force permanente, dotée de moyens suffisants et protégée contre la corruption ; 

– Développement de zones minières légales à petite échelle, respectueuses de l’environnement et accompagnées techniquement ; 

– Soutien aux agriculteurs déplacés, via l’accès à la terre, au crédit et à la formation ; 

– Lancement d’un programme national de reboisement pour restaurer les zones détruites et offrir des emplois aux jeunes.

Les évêques appellent également :

– Les chefs traditionnels à protéger leurs terres ; 

– Les responsables politiques à placer la nation au-dessus des intérêts partisans ; 

– Les leaders religieux à s’exprimer avec courage ; 

– Les forces de l’ordre à agir comme protecteurs du peuple, et non comme complices.

Agence D.I.A CENCO

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